Isabelle Boulay: Retour à la source et à ses racines (entrevue)
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| Isabelle Boulay a lancé «De retour à la source» le mois dernier. |
Isabelle Boulay lançait le 17 avril un album country intitulé «De retour à la source». La chanteuse a beau interpréter les textes et les musiques d'autres artistes et auteurs, les chansons de ce disque lui collent parfaitement à la peau. «De retour à la source» nous propose un voyage intime dans l'univers de l'artiste. Showbizz.net a rencontré Isabelle Boulay le 9 mai dans un café du Vieux-Québec.
Le country dans l'âme
Pourquoi avoir choisi de faire un album country? Isabelle Boulay a découvert ce style musical dès sa plus tendre enfance: «Le country est dans ma vie depuis l'âge d'un an et demi ou deux ans. Ma tante Adrienne venait me chercher… On habitait dans la même maison… Elle (faisait jouer) ensuite des disques de Paul Brunelle, Marcel Martel et Lévy Boulianne. Plus tard, de 7 à 11 ans, j'ai chanté dans les bars, dans les fêtes de famille. La musique de ralliement, c'était le country. Il y avait aussi une émission de radio appelée "800, Avenue du Far-Ouest". Le samedi soir, les gens appelaient pour y faire des demandes spéciales. Cette musique a fait partie (de ma jeunesse). Si j'avais à mettre une trame sonore sur le film de mon enfance, ce serait de la musique country.»
Les artistes anglophones Garth Brooks et Shania Twain ont conquis dans le passé les amateurs québécois de musique populaire. Plus près de nous, Patrick Norman, jadis la cible des humoristes, impose désormais le respect tandis que l'album compilation «Quand le country dit bonjour», mettant en vedette plusieurs artistes pop, fut lancé le 31 octobre dernier. Il semble que, depuis quelques années, la musique country, au Québec, soit en train d'être réhabilitée. Je fais part de cette remarque à Isabelle Boulay.
«C'est un genre musical très populaire. Les gens adorent le country. Certains sont timides. Ils ne diront pas qu'ils écoutent du country. C'est souvent par pudeur. Ça fait appel à leurs souvenirs, à leurs secrets, à des choses qu'ils n'ont pas envie de dévoiler. Ce sont des chansons très simples, très directes. Ça ne fait pas appel à l'intellect. Le country est la musique du cœur», répond l'artiste. Elle ajoute que des chanteurs comme elle, Mario Pelchat (l'instigateur du projet «Quand le country dit bonjour») ou Laurence Jalbert, qui flirte avec ce style musical, vont peut-être réussir à franchir cette barrière qui existe entre la pop et le country.
Les chansons du nouvel album d'Isabelle sont souvent de nature biographique même si elles ont été écrites par d'autres artistes. Ainsi, on rend hommage à «Adrienne», sa tante, grâce à une pièce écrite par Luc De Larochellière. «Entre Matane et Bâton Rouge» est quant à elle née de la plume de Michel Rivard. Paul Daraiche, figure bien connue du country québécois, signe de son côté «Lui».
Isabelle Boulay avait envie depuis longtemps de faire un disque country. Au départ, elle voulait faire un album de reprises. L'an dernier, elle avait interprété des chansons de ce style musical qui avaient marqué sa jeunesse lors d'un spectacle présenté au Francofolies de Montréal. Avant d'enregistrer «De retour à la source », elle avait déjà en main la chanson-titre du disque (écrite par Geneviève Binette et Damien Robitaille) et «Lui». «Paul était allé porter cette chanson en mains propres à ma mère il y a quatre ans.»
Parallèlement à la préparation de son spectacle, elle s'était mise à chercher des chansons pour un futur album qui sera lancé dans toute la Francophonie à la fin de l'année. Au fil des conversations, elle a reçu des chansons de Rivard et de Luc De Larochellière. Celles-ci pouvaient très bien figurer sur son projet d'album country. Elle a ensuite décidé de faire un disque qui comprendrait essentiellement du matériel original. Elle a alors demandé des morceaux à d'autres auteurs et compositeurs. «C'est comme si tout le monde avait eu une chanson dans ses tiroirs pour moi», dit-elle.
Le texte de la pièce «Adrienne» est très émouvant pour elle: «Luc De Larochellière et moi avions parlé de tout et de rien pendant trois ou quatre heures. Ce qu'il a retenu de notre conversation… Adrienne… Lorsque j'ai entendu la chanson qui portait sur ma tante, j'ai trouvé ça très touchant. Il avait vraiment écouté ce que je lui disais. Il ne manquait rien. C'était éblouissant!»
En spectacle «Adrienne» et «Lui» suscitent de fortes réactions, raconte l'interprète. «C'est comme si dans la vie de chacun, il y avait une Adrienne. Ce sont des chansons très poignantes.»
Sur cet album, quelle est la pièce préférée d'Isabelle Boulay? Elle répond «Si j'étais perdue». Il s'agit d'un morceau écrit en anglais par Townes VanZandt. Claude Lemesle et Pierre Delanoë l'avait adapté en français pour Nana Mouskouri. «C'est une chanson magnifique sur le repentir, l'amour absolu, le vrai pardon», dit-elle.
On retrouve aussi une pièce en anglais sur le disque de la chanteuse, «Only a Woman's Heart», d'Eleanor McEvoy. «Elle parle d'un chagrin propre aux femmes, un chagrin qui est incompréhensible pour les hommes.»
Pour «De retour à la source», elle a travaillé avec le réalisateur Rick Haworth qui participe aussi au disque à titre de musicien. «Ce fut fantastique de travailler avec lui! Pendant tout le processus d'élaboration du projet, je sentais que j'étais avec des gens qui voulaient me faire plaisir. Nous ne nous sommes pas donnés de limites. J'ai donné carte blanche à tout le monde. L'ambiance était extraordinaire», dit Isabelle Boulay. Pour elle, de toute sa carrière, les séances d'enregistrement pour cet album sont ses préférées.
«De retour à la source» ne fut lancé qu'au Québec. Une petite quantité d'exemplaires (25 000) ont toutefois été importés en Europe pour les fans purs et durs de l'artiste québécoise.
Des concerts et un prochain album pour la Francophonie
Isabelle Boulay effectue présentement une courte tournée de 11 spectacles consacrés à ce retour aux sources musical.
Les 11 et 12 mai, Elle se produira en spectacle au Vieux-Clocher de Magog. Les 17 et 18 mai, elle donnera des concerts au Capitole de Québec. Le 30 mai et le 1e juin, on pourra la voir sur la scène du TNM à Montréal. Elle y proposera des pièces de son nouvel album, des reprises de pièces qui ont marqué sa jeunesse et d'autres morceaux de son répertoire à saveur country.
Elle compte aussi donner quelques autres spectacles au Québec durant l'été. Les dates de ces concerts n'ont pas encore été déterminées. Elle ne pourra toutefois passer beaucoup de temps sur les planches. La chanteuse séjournera presque un mois en Europe pour terminer son prochain album destiné à toute la Francophonie. Celui-ci devrait sortir en novembre. Elle travaille en compagnie du réalisateur français Dominique Blanc-Francard, qui a notamment œuvré avec Stephan Eicher. «Ça fait quinze ans que j'ai le goût de travailler avec lui», avoue-t-elle.
En 2008-2009, elle compte faire une grande tournée de spectacles qui l'amènera entre autres à l'Olympia de Paris.

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