Par Jocelyne Richer.
La pression s'accentue sur le gouvernement Charest pour qu'il adopte une loi faisant en sorte que tous les films de langue étrangère soient doublés en français au Québec.
S'il était adopté, le projet de loi 193, déposé mercredi à l'Assemblée nationale par l'opposition officielle, aurait pour effet d'obliger les grands producteurs et distributeurs américains à faire doubler leurs films au Québec, pour le marché d'ici, comme les Français ont fait pour leur propre marché.
En vertu des règles en vigueur, il y a cependant bien peu de chances que le projet de loi soit adopté, vu qu'il a été déposé par l'opposition.
Depuis 2003, la position du gouvernement Charest, comme c'était le cas avec le gouvernement péquiste antérieurement, consiste à éviter de légiférer dans ce dossier pour privilégier une approche de persuasion.
Déjà, on estime que 72 pour cent des films diffusés en salle au Québec en 2006 ont été doublés au Québec.
Cependant, l'industrie du doublage de même que l'Union des artistes (UDA) s'inquiètent du fait que le Québec est en perte de vitesse, compte tenu qu'en 2004 la proportion de films doublés au Québec atteignait 78 pour cent.
Il peut en coûter entre 70 000 $ et 75 000 $ pour doubler un film en français au Québec.

© La Presse Canadienne, 2008