Le grand patron du festival Juste pour rire, Gilbert Rozon, dit en avoir ras-le-bol de voir des gouvernements mettre les bâtons dans les roues aux festivals, au point où il menace de ne pas présenter de 26e événement dans ce contexte-là, l'année prochaine.
M.Rozon a fait cette déclaration à "La Presse" après avoir appris que des événements à but lucratif comme le Grand Prix du Canada et l'International des feux Loto-Québec pourraient devoir rembourser dès l'an prochain le Service de police de la Ville de Montréal quand il en assurera la sécurité. Pourtant, Juste pour rire n'est pas visé par la politique de facturation.
Le même projet de loi 22 permettrait à Montréal de lever une taxe sur le stationnement, ainsi que la taxe d'amusement, une redevance sur les billets de spectacles abolie au début des années 90.
Le dirigeant du Grand Prix de Montréal, Normand Legault, est lui aussi amer. Il fait valoir que son organisme n'aura aucun contrôle sur le nombre de policiers qui doivent être déployés autour de son site et que dans ces conditions, la future taxe équivaudrait à signer un chèque en blanc aux autorités municipales.
M.Legault fait remarquer que l'an prochain, il versera près de 800 000 $ pour louer l'île Notre-Dame à la Ville de Montréal et qu'en retour, avec les amateurs, il s'attend à certains services.
Le vice-président des Alouettes de Montréal, Claude Rochon, espère que l'introduction d'une taxe utilisateur-payeur soit appliquée à tous car à son avis, les événements à but non lucratif jouiront d'un traitement de faveur.
Les quelque 600 fêtes de quartier, défilés, manifestations et spectacles extérieurs pour lesquels les policiers assurent la sécurité, chaque année, coûtent entre 4 et 5 millions $ aux contribuables. Le SPVM espère recouvrer environ 2 millions $ en louant ses agents aux entreprises.
À Toronto, la pratique, déjà répandue, rapporterait chaque année 17 millions $ à la Ville-reine.

© La Presse Canadienne, 2008