(AP) - Revirement dans le procès du producteur de musique Phil Spector jugé pour le meurtre de la starlette Lana Clarkson le 3 février 2003: le juge Larry Paul Fidler a décidé lundi d'autoriser les jurés à entendre le témoignage d'un agent de sécurité selon lequel l'accusé a fulminé contre les femmes et déclaré qu'elles méritaient toutes de recevoir une balle dans la tête.
Si les propos pourraient avoir été tenus par Spector en 1993, le magistrat les estime pertinents dans la mesure où ils révèlent selon lui l'état d'esprit du producteur de musique envers les femmes. Le juge Fidler dit avoir avoir été frappé par les déclarations du producteur portant sur le fait de viser les femmes à la tête.
"Dans cette affaire, vous avez une femme qui a reçu un coup de feu dans la tête", a-t-il dit en référence au décès de Lana Clarkson, morte d'une balle tirée dans la bouche.
La défense soutient que la jeune femme s'est suicidée.
Le magistrat a également souligné que le témoignage tendait à "montrer la profondeur de la colère de M. Spector", âgé de 67 ans.
Le procureur Alan Jackson a souhaité être autorisé à présenter le témoignage, estimant qu'il montrait "un état d'esprit misogyne" et les sentiments éprouvés par Spector vis-à-vis des femmes. L'avocat de la défense Roger Rosen a de son côté dénoncé le témoignage, estimant qu'il devait être exclu des débats.
La décision du juge est intervenue après le témoignage, en l'absence du jury, de Vincent Tannazzo, un policier de New York à la retraite, qui avait assuré la sécurité dans deux fêtes données pour Noël par la comédienne Joan Rivers à Manhattan.
Dans les deux cas, à une année d'intervalle, il affirme avoir expulsé Spector des fêtes alors que le producteur fulminait et estimait que les femmes "méritaient toutes une balle dans la tête".
La question relative au témoignage de Tannazzo a été soulevée à la reprise du procès, après une semaine de suspension observée à l'occasion de la fête nationale.

© La Presse Canadienne, 2008