Le comédien français Jean Louis Trintignant fait la lecture de Jules Renard à la Place des arts
Le 11 septembre 2007 - 19:50
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Par Fannie Olivier.
De passage à Montréal, le célèbre comédien français Jean-Louis Trintignant a qualifié "d'inespérée" la chance qu'il a, à 76 ans, de pouvoir toujours jouer au théâtre, en soulignant néanmoins qu'il était peut-être temps pour lui de laisser la place aux jeunes.
L'acteur de 76 ans, qui a joué dans plus de 130 films dont "Z" de Costa-Gavras et, plus récemment, "Ceux qui m'aiment prendront le train" de Chéreau, récitera des extraits du "Journal" de Jules Renard, du 12 au 16 septembre, à la Place des arts, dans le cadre du 13e Festival international de la littérature.
M. Trintignant a convenu que s'il avait le sentiment "d'embêter" le public, il arrêterait le métier d'acteur, mais, sourire aux lèvres, il a laissé entendre qu'il ne croyait pas que c'était le cas.
Un peu plus d'un an après la lecture qu'il avait faite à Montréal de la poésie de Guillaume Apollinaire, le vétéran acteur répète l'expérience en récitant une sélection du journal de plus de 1000 pages du maître de l'ironie et de l'humour cynique, rédigé de 1897 à 1910. Les comédiens Jean-Louis Bérard, Manuel Durand et Hélène Fillières partagent la scène avec lui.
En conférence de presse dans la métropole, Jean-Louis Trintignant cite l'auteur abondamment, se délectant des petites phrases qui demandent un temps de réflexion, comme "et l'oiseau se jeta par la fenêtre".
Selon lui, le travail d'interprétation d'un texte plutôt que celui d'un personnage est difficile. "C'est comme si on jouait le même soir 20 pièces différentes, parce que ce sont chaque fois des personnages différents". Il s'agit cependant pour lui "d'un bonheur extrême".
Il explique qu'à chacune des représentations, le spectacle est un peu différent. "Sur une centaine de textes de Jules Renard, environ 10 pour cent chaque soir est nouveau. Là, on ne sait pas encore ce qu'on va jouer demain!", dit-il, moqueur.
De sa fille, l'actrice Marie Trintignant, morte tragiquement en 2003 sous les coups de son conjoint Bertrand Cantat, chanteur du groupe rock Noir Désir, il se souvient qu'elle aimait beaucoup Jules Renard et lui apportait de temps à autres des textes qu'il ne connaissait pas.
Il aurait voulu qu'elle soit parmi le groupe d'interprètes, avec lui, a-t-il confié, et aime relire des passages qu'elle affectionnait particulièrement. Parmi ceux-ci figure "qu'est-ce que l'imagination d'un adulte à côté de celle d'un enfant qui fait un chemin de fer avec des asperges".
Sa fille, qui avait quatre enfants, était très proche des jeunes, se rappelle-t-il.
Le spectacle a été créé en décembre 2005, au Petit Hébertot, à Paris. Il est présenté en première nord-américaine à la Cinquième salle de la Place des arts de Montréal.

© La Presse Canadienne, 2008

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