Après des mois de tergiversations, le gouvernement fédéral a finalement expliqué mercredi comment il entendait distribuer les 30 millions $ par an promis aux festivals dans son dernier budget.
La nouvelle ministre du Patrimoine, Josée Verner, a annoncé à Halifax la création de deux nouveaux programmes de commandites: l'un destiné aux événements locaux et l'autre aux commémorations historiques. Le premier bénéficiera d'une enveloppe de 18 millions $ tandis que l'autre recevra 4,6 millions $.
Les 6,4 millions $ restants seront ajoutés au budget du programme Présentation des arts du Canada, qui finance déjà plusieurs manifestations culturelles professionnelles dont le Festival d'été de Québec et le Festival international de Jazz de Montréal.
D'après des hauts fonctionnaires du ministère du Patrimoine, les quelque 20 millions $ dont disposera le programme lui permettront d'appuyer quelque 350 événements par an, d'un bout à l'autre du pays.
Pour les plus gros festivals, la contribution maximale du gouvernement fédéral s'élèvera désormais à 1 million $, soit cinq fois plus qu'auparavant.
"Je suis très heureuse que cet appui financier soit permanent", a déclaré la ministre Verner, en précisant que les festivals ne seraient pas tenus de faire la part belle à l'unifolié pour recevoir une contribution.
Les organisateurs d'événements devront toutefois attendre 2009-2010 avant de pouvoir bénéficier de la totalité des 30 millions $ puisque les sommes ne seront versées aux nouveaux programmes que "graduellement".
L'Association canadienne des foires et expositions (CAFE) a salué l'annonce de mercredi, qui était très attendue par ses membres.
Le président David Bednar a indiqué que les nouveaux programmes étaient conformes à ses attentes. "Pour renforcer les communautés, ce sont de bonnes nouvelles. C'est vraiment quelque chose de nouveau. Et si on a des succès dans le programme, peut-être que ça va augmenter dans les années qui viennent", a-t-il fait valoir.
La réaction a été beaucoup moins chaleureuse du côté des grands événements québécois, qui se plaignaient le printemps dernier du manque d'empressement d'Ottawa à leur venir en aide.
Luc Fournier, de la Coalition des festivals canadiens, s'est dit "surpris" et "déçu". "On parle beaucoup de communautés locales et des arts. Ça enlève tout ce qui est relié au divertissement et au sport", a-t-il souligné.
Cette interprétation a été confirmée par les responsables du ministère du Patrimoine. En vertu des nouveaux programmes, un grand festival de montgolfières pourra obtenir du financement pour les spectacles qu'il offre, mais pas pour faire venir les pilotes et leurs ballons.
Le porte-parole du Bloc québécois en matière de patrimoine, Maka Kotto, dit craindre que les sommes consacrées aux événements d'envergure soient insuffisantes. "C'est un festival de faussetés, d'attentes brisées et de promesses déçues", a-t-il déclaré à la Presse Canadienne.
Bloquistes et libéraux ont à nouveau critiqué les conservateurs pour leur lenteur dans ce dossier. Il a en effet fallu près de six mois au ministère du Patrimoine pour arrêter ses critères.
"L'été est fini. Peut-être que les conservateurs n'ont pas compris que les changements climatiques ne sont pas encore aussi graves, au point de déplacer l'été jusqu'à l'automne", a ironisé le chef libéral Stéphane Dion.