Une demi-douzaine d'organisations islamiques canadiennes affirment que le premier ministre fédéral Stephen Harper semble moins disposé à transmettre ses meilleurs voeux aux musulmans qu'aux familles juives, à l'occasion des fêtes religieuses.
Six différentes organisations musulmanes, parmi lesquelles certaines des plus importantes au pays, affirment ne pas avoir eu connaissance du fait qu'une famille musulmane ait reçu les bons voeux de M. Harper à l'occasion de l'Aïd el-Fitr, fête marquant la rupture du jeûne du mois de ramadan pour les musulmans, soulignée samedi dernier.
"Ils (les conservateurs) ont erré sur ce coup-là. Peut-être l'an prochain", a déclaré Sameer Zuberi, responsable des communications et des droits de la personne au Council for American-Islamic Relations Canada (CAIR-CAN).
L'oubli apparent _ au sujet duquel le bureau du premier ministre a refusé de faire quelque commentaire que ce soit _ semble contredire la position des conservateurs, exprimée à maintes reprises à la Chambre des communes par le député Jason Kenney, voulant que le gouvernement soit en faveur de la "célébration de toutes les fêtes et dates importantes de nos communautés culturelles".
La question est délicate pour le gouvernement conservateur.
La semaine dernière, le quotidien torontois The Globe and Mail a fait état de documents internes conservateurs montrant que le Parti conservateur du Canada (PCC) croit fortement en la nécessité de chercher à plaire à certains groupes ethniques, mais qu'il juge que 21 pour cent des minorités visibles du pays sont inaccessibles.
Parallèlement, un certain nombre de familles se sont plaintes d'avoir reçu par la poste les souhaits du premier ministre Harper, le mois dernier, à l'occasion du Nouvel An juif.
Certains des plaignants ont dit ne pas apprécier s'être retrouvés sur une liste d'envoi reposant sur leur appartenance religieuse. D'autres ont affirmé ne pas être juifs. Tous souhaitaient savoir de quelle façon le premier ministre avaient obtenu ses informations.
Les conservateurs ont refusé de s'excuser. Ils ont indiqué que leurs listes d'envoi étaient établies à partir de renseignements accessibles au public.

© La Presse Canadienne, 2010