(AP) - Quatre ans après "Réévolution", Etienne Daho propose avec "L'invitation" (Capitol/EMI) 11 chansons inspirées, finement produites où la voix n'a jamais été aussi en avant.
Le chanteur français, qui a écrit dix textes, y développe comme toujours ses thèmes de prédilection: les déchirures amoureuses, les ruptures brutales.
Sur "Obsession", soutenu par des guitares enivrantes et des cordes soul, il décrit les dommages d'une relation fatale, avant d'évoquer sur "L'Adorer" (qui était destiné à Marianne Faithfull) ceux de l'infidélité ou encore la rupture ("Un merveilleux été"). La chanson qui donne son titre à l'opus est de loin la plus rythmée. Etienne Daho y convie des sonorités flamenco et orientales.
L'ensemble, réalisé par le chanteur et sa vieille complice Edith Fambuena, ancienne guitariste des Valentins, sonne majoritairement pop, tendance Velvet Underground. Etienne Daho a également fait appel à l'icône rock déjantée Brigitte Fontaine pour le texte sulfureux "Toi jamais toujours".
Mais c'est lorsqu'il écrit sur son père qu'il est de loin le plus émouvant. Dans "Boulevard des Capucines", il se met à la place de celui qui a abandonné sa famille pendant la guerre d'Algérie. Il reprend presque mot pour mot une des lettres qu'il a reçues de lui après lui avoir refusé l'accès à l'Olympia.
"Boulevard des Capucines, ton nom qui tout là-haut scintille est le même que le mien/Je n'approcherai pas les loges/Rue Caumartin, je te guette et l'appréhension me vide/Tous ces regrets douloureux me rongent comme l'acide", chante Daho, la gorge serrée par les regrets.
Dans l'édition de luxe, l'artiste reprend cinq chansons en anglais: "A Little Bit of Rain" de Fred Neil, "I Can't Escape From You" d'Hank Williams, "Cirrus Minor" de Pink Floyd, "My Girl Has Gone" de Smokey Robinson et "Glad To Be Unhappy" popularisé par Billie Holiday.

© La Presse Canadienne, 2008