Debbie Harry se distance du «New Wave» avec un nouvel album solo
Le 24 novembre 2007 - 16:24
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| La chanteuse du groupe Blondie, Debbie Harry, est toujours une incontournable de la scène musicale newyorkaise. |
La chanteuse du groupe Blondie, Debbie Harry, est toujours une incontournable de la scène musicale newyorkaise.
À 62 ans, elle écoute les disques compacts de groupes aussi avant-gardistes que M.I.A. et LCD Soundsystem. Et avec un nouvel album solo, elle refuse obstinément de se conformer à l'image que se font les autres d'elle.
L'album "Necessary Evil", lancé le mois dernier, est né de sessions d'enregistrement informelles avec l'équipe de production de Barb Morrison et Charles Neiland. Sous l'appellation Super Buddha, ils ont travaillé avec des artistes comme Scissor Sisters et Rufus Wainwright.
Leur but n'a jamais réellement été de produire un album, explique Harry. Elle s'est intéressée à eux après les avoir rencontrés par l'intermédiaire de son ami et coiffeur Guy Furrow - dont certains se souviendront peut-être comme du joli travesti Mr Guy, de l'ancien groupe Toilet Boys - et a décidé de travailler avec eux, simplement pour le plaisir.
"Je voulais vraiment faire quelque chose de frais et de neuf, mais c'est difficile d'organiser Blondie. C'est comme une grosse compagnie, a-t-elle dit lors d'un passage à Toronto pour un concert solo. Je voulais vraiment composer de la nouvelle musique, et au même moment j'ai rencontré des gens avec qui j'ai beaucoup aimé travailler, donc ça a été très simple pour moi (...). Je n'avais pas de pression pour produire. C'est simplement parce que j'en avais envie."
Harry n'entretient clairement aucune rancoeur envers Blondie, qui s'est dissous en 1982 mais qui s'est reformé il y a 10 ans et continue à enregistrer des disques et à faire des tournées depuis. Mais avec toute la légende qui entoure le groupe vient la contrainte d'équilibrer "art et commerce".
Quand Blondie enregistre un nouvel album (son plus récent, en 2003, portait le titre très juste de "The Curse of Blondie"), les maisons de disques et les fans du groupe réclament inévitablement "quelque chose qui ressemble à Blondie". Conséquemment, Harry admet avoir parfois l'impression d'être "gelée" dans un certain style musical.
"Cette fois je n'étais pas vraiment associée à un maison de disques, a-t-elle dit. Eventuellement c'est devenu une entente de distribution, mais au début je faisais tout et je finançais tout moi-même (...). Je voulais que ça soit quelque chose de contemporain. Je ne voulais pas que ça ressemble à un album de Blondie. Je voulais la liberté que ce soit un peu moins `fini' et un peu plus agressif d'une certaine manière."
"Necessary Evil" est donc, immanquablement, un peu plus décousu, mélangeant une attitude électropunk à la mode et une influence du rythme hip-hop avec des sons New Wave plus familiers et quelques ballades puissantes. Même celui avec qui Harry compose depuis longtemps pour Blondie (et son ancien conjoint), Chris Stein, semble avoir apprécié cette libération de leur son habituel, y allant de deux contributions, dont une pièce instrumentale étrange, au son ethno-électronique, radicalement différente de la musique de Blondie.
Elle offre quand même quelques bonbons aux mordus de Blondie pendant sa tournée actuelle.
"Je voulais vraiment faire quelque chose en solo, mais quelques-uns des promoteurs se sont fâchés et ont insisté pour que j'ajoute des trucs de Blondie, a-t-elle dit en riant. Donc je fais deux pièces de Blondie, `The Tide is High' et `Heart of Glass', mais j'en fais une version acoustique très différente de Blondie. Je ne voulais pas marcher sur les orteils de Blondie, même si ce sont mes propres orteils."

© La Presse Canadienne, 2008

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