Suzanne Laverdière, nouvelle responsable des productions transculturelles à Radio-Canada
Le 7 janvier 2008 - 15:18
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Par Michel Dolbec.
Après avoir été en charge pendant deux ans des programmes de TV5 Monde à Paris, Suzanne Laverdière retrouve Montréal et Radio-Canada, où elle devient responsable des "productions transculturelles".
CBC et Radio-Canada ont déjà produit ensemble, dans les deux langues, des séries comme René Lévesque ou Le Dernier chapitre. Elles avaient été financées par un "Fonds transculturel" que Mme Laverdière coordonnera désormais.
"Jusqu'à maintenant, il n'y avait personne attaché exclusivement à ce secteur, a-t-elle expliqué au moment de quitter Paris. Il ne s'agira pas seulement d'assurer la gestion du Fonds, mais d'accompagner chaque production pour s'assurer qu'elle répond aux objectifs, du début à la fin."
Pour Suzanne Laverdière, qui connaît à fond le monde de la production et de la coproduction, le dossier n'est pas nouveau. En 2002, alors qu'elle était responsable des programmes de Radio-Canada, elle faisait déjà dans la Francophonie la promotion de ce "nouveau type de production transculturelle".
Le mandat qu'on a confié à l'ancienne productrice est vaste et "s'étend à toutes les plateformes" de CBC et de la SRC (la télévision, la radio et Internet) et à tous les genres, qu'il s'agisse de fiction, d'information, de documentaire et de programmes pour la jeunesse.
La "production multiculturelle" porte d'abord sur des projets en anglais et en français, mais Mme Laverdière laisse entendre qu'elle s'élargira à terme à d'autres communautés, les autochtones au premier chef, pour mieux refléter la diversité culturelle canadienne.
Pendant les deux ans qu'elle vient de passer à TV5 Monde à Paris, Suzanne Laverdière s'est appliquée de la même manière à "refléter la diversité de la Francophonie, en donnant une couleur plus francophone à la grille des programmes".
"Je suis fière d'avoir inscrit dans la grille de façon régulière des fictions belges, suisses ou québécoises", dit-elle.
Recrutée à l'époque par l'ancien ministre Jean-Jacques Aillagon pour renforcer le caractère multilatérale de TV5 Monde, Suzanne Laverdière a permis à des programmes comme "Un gars, une fille", "Rumeurs" ou "La Grande Ourse" d'être vus à travers la Francophonie. Certains, comme "Catherine", repris ensuite sur Paris Première, ont depuis été rachetés par d'autres diffuseurs.
"TV5 est une vitrine, signale-t-elle. La diffusion de nos programmes sur TV5 est une façon de les faire connaître. Ca n'empêche pas leur commercialisation."
Même si elle dresse un bilan "très positif" de son expérience parisienne, Suzanne Laverdière ne cache pas qu'elle s'inquiète du sort qui attend TV5, dans la perspective de la réorganisation de l'"audiovisuel extérieur français" souhaitée par le président Nicolas Sarkozy.
Cette réforme pourrait conduire à un rapprochement entre la nouvelle chaîne d'information France 24, Radio-France Internationale et TV5 Monde.
"On parle beaucoup d'information, mais on néglige le côté généraliste de TV5, souline Mme Laverdière. TV5 n'est pas une chaîne d'info. Il faut préserver son caractère généraliste et francophone. J'espère qu'on profitera de la réorganisation pour accroître le poids des chaînes partenaires au sein de TV5 Monde."

© La Presse Canadienne, 2008

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