La ministre St-Pierre et le patron de la SRC plaident en faveur de TQS
Le 22 janvier 2008 - 16:16
|

|
Copier/Coller le code suivant à l'endroit voulu
|
|
[Fermer]
|

|
Par Lia Lévesque
Personne au Québec n'a intérêt à ce que le réseau de télévision TQS disparaisse, pas même ses concurrents, affirme le grand patron des services français de Radio-Canada, Sylvain Lafrance.
Interrogé sur l'avenir incertain de son concurrent, mardi, M. Lafrance a soutenu que le problème de fond du réseau Télévision Quatre-Saisons était celui du "modèle économique" de la télévision québécoise, qui fait qu'il y a fragmentation de l'auditoire, ce qui affecte toutes les télévisions généralistes au Québec.
"Il y a un problème avec le modèle économique. Les chaînes généralistes sont souvent celles qui produisent les séries lourdes, qui produisent l'information, qui enrichissent beaucoup notre télévision et elles n'ont pas droit à la redevance (de la câblodistribution) et elles voient leur marché publicitaire chuter face à la fragmentation (de l'auditoire). Il y a un énorme problème pour les télés généralistes. C'est ça le coeur du problème de TQS", a opiné M. Lafrance.
Mais il assure qu'il ne souhaite pas pour autant que son concurrent TQS disparaisse, puisque tous les télédiffuseurs québécois ont intérêt à ce que les Québécois demeurent fidèles à la télévision d'ici.
"Il n'y a personne qui a intérêt au Québec à ce que TQS disparaisse. Nous ce qu'on veut, c'est que les Québécois demeurent attachés à leur télévision et pour ça, il faut créer de la diversité. Si on affaiblit le nombre de chaînes au Québec, les Québécois vont être moins attachés à leur télé et ça va être dangereux pour tout le monde", a-t-il commenté.
M. Lafrance assistait à la présentation de la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, devant l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision.
La ministre St-Pierre s'est également portée à la défense de TQS, au nom de la diversité des voix et en rappelant que 650 emplois y sont en jeu.
Rencontrant les journalistes après son allocution, elle n'a pas réitéré sa déclaration du 10 janvier voulant que si le réseau TQS venait à fermer, on trouverait une balle de Radio-Canada près de son coeur. La ministre avait ainsi fait référence à la décision de Radio-Canada de se désaffilier, l'an prochain, de trois stations régionales de TQS, la privant ainsi d'une source de revenus, alors que sa situation financière est précaire. "J'ai dit ce que j'avais à dire là-dessus", a-t-elle répliqué aux journalistes qui l'ont interrogée à ce sujet, après son allocution.
Mme St-Pierre a cette fois soutenu que plusieurs motifs étaient en cause pour expliquer les difficultés financières du réseau de télévision, comme la fragmentation de l'auditoire et la multiplication des chaînes spécialisées, ainsi que le partage des revenus publicitaires.
La ministre de la Culture et des Communications ne croit pas que le bassin québécois de téléspectateurs soit trop petit pour faire vivre autant de télévisions généralistes. "Dans mon livre à moi, non. La diversité des voix c'est important", a-t-elle dit.

© La Presse Canadienne, 2009

Articles reliés [Québec]

Articles reliés [Médias]
|