L'humoriste Michel Courtemanche préfère maintenant travailler dans l'ombre (photo : Radio-Canada).
À «Tout le monde en parle» ce dimanche, on a eu droit à un mélange intéressant des genres et non à un simple «show de plogues culturelles» comme l'émission l'est souvent. Pauline Marois, l'animateur Michel Drucker, l'astronaute Julie Payette ainsi que l'humoriste Michel Courtemanche, qui est venu parler d'un côté sombre de sa vie, faisaient partie des invités de ce soir.
Michel Courtemanche préfère maintenant travailler dans l'ombre. Il fera la mise en scène d'un spectacle mettant en vedette des comiques québécois à Paris. Courtemanche a lui-même été célèbre dans l'Hexagone.
Il a expliqué que le succès l'avait dépassé. Tout était allé trop vite pour lui. Il a ensuite connu une fin de carrière abrupte. Donner des spectacles a été une erreur, dit-il. Il voulait tout d'abord faire de la mise en scène. En 1997, il avait «gelé» sur les planches alors qu'il devait improviser pendant trois heures. Ce fut son dernier spectacle. Il reconnaît que ce fut une forme de suicide professionnel. Il n'avait pas pris les médicaments nécessaires pour combattre sa nervosité.
Courtemanche a aussi abordé ses problèmes de toxicomanie, attribuable à «la tristesse». Il est abstinent depuis 8 ans. Il n'a pas voulu se prononcer sur la source de ses déboires sauf qu'il admet que la relation avec son père serait en cause. Il ne le connaissait pas mais a ensuite tenté de reprendre contact avec lui. En 1999, il a de plus découvert qu'il était maniaco-dépressif, maladie dont souffrait aussi son géniteur.
L'animateur français Michel Drucker fut le premier invité de la soirée. Il est venu faire la promotion de son autobiographie. Son père avait contacté son patron suite à sa première animation à la télé pour dire que son fils n'avait pas de talent, entre autres. Le père de l'animateur, médecin, ne comprenait pas qu'on puisse réussir sans diplôme. Drucker voulait par conséquent lui prouver quelque chose. Il compte une quarantaine d'années de carrière. Certains reprochent à Drucker d'être trop gentil. Dans le privé, il n'est pas toujours bienveillant, dit-il. Il tient toutefois à ne pas blesser les fans des artistes qu'il n'apprécie pas trop. Il a de plus rappelé son amour pour les artistes québécois, qu'il a vantés. Tout au long de l'émission, Drucker est intervenu pour poser des questions fort pertinentes aux autres invités et parfois plus intéressantes que celles de Lepage.
La cheffe du Parti Québécois Pauline Marois a rappelé le besoin des Québécois de réitérer leur fierté. Elle s'est à nouveau prononcée en faveur de la souveraineté. «Il est toujours là, le rêve, il suffit qu'on se retrouve les manches», affirme-t-elle. Elle se dit femme de pouvoir. Pour elle, le pouvoir c'est une façon de faire avancer les choses.
En ce qui a trait au bilinguisme, elle croit que le Québec est français. Cependant, elle est d'accord pour que les enfants apprennent une seconde voire même une troisième langue. L'écrivain Victor-Lévy Beaulieu avait critiqué ses positions. L'animateur Guy A. Lepage a diffusé un clip du dernier «Bye Bye» dans lequel il interprétait la femme politique en se moquant de son mauvais anglais. Il lui a ensuite fait passer un petit test dans la langue de Shakespeare. «John and Mary go to school. Is the reform going well at their school», a-t-il demandé?
L'astronaute Julie Payette participera à sa prochaine mission dans l'espace en avril. Elle rêvait depuis toujours de faire ce métier. Dans l'espace, on remarque tout d'abord la beauté du paysage, dit-elle. La Terre est magnifique sauf qu'on voit aussi le smog, la déforestation et les changements climatiques, ajoute la femme. Lepage lui a remis des disques de Normand L'Amour, Stef Carse et Jacques Villeneuve pour qu'elle les apporte dans l'espace. Le Fou du roi Dany Turcotte a quant à lui raconté à Mme Payette qu'il avait trois enfants. On s'est un peu payé sa tête! Sur une note plus sérieuse, on abordé la mort d'astronautes dans l'explosion de la navette Columbia en 2003.
L'écrivain et psychologue d'origine brésilienne Sergio Kokis vit au Québec depuis plusieurs décennies. Il est venu présenter son nouveau roman «Le retour de Lorenzo Sanchez». Il n'est jamais retourné au Brésil. La misère est «mille fois pire» que lorsqu'il y vivait, dit-il. Il a ensuite dénoncé la qualité du français des Québécois. Elle se dégrade. Les gens d'ici ne respectent pas la langue, croit-il. Une discussion a ensuite éclaté entre lui et Marois. Elle dit qu'il nous reste du chemin à faire mais qu'il y a eu une nette amélioration quant à la qualité de notre langue. «Nous partions de loin», a-t-elle ajouté. «On devrait vous faire passer un examen de français», a-t-il ensuite lancé à la politicienne! Il s'est aussi prononcé sur la commission Bouchard-Taylor: «un phénomène d'hystérie collective», selon lui. Marois a à nouveau répliqué à ses propos. L'auteur ne semblait pas trop avoir d'atomes crochus avec la femme politique.
La comédienne Monique Mercure s'est dite très peinée de ne pas avoir été citée aux prix Jutra pour sa performance dans le film «La brunante» de Fernand Dansereau. Lepage est revenu sur «Deux femmes en or». Ce film était une erreur de jeunesse. Ce n'est pas un classique, à son avis. À 77 ans, elle «est tannée» d'en entendre parler. «J'ai fait d'autre chose», a-t-elle crié!
Laetitia Angba, 18 ans, sera expulsée vers son pays d'origine, la Côte-d'Ivoire. Son avocat, Stéphane Handfield, l'accompagnait. Le père de la jeune fille est accusé de polygamie. Il avait une femme dans son pays d'origine (qui n'est pas la mère de Laetitia) avant de prendre épouse au Canada. L'homme avait parrainé sa fille lorsqu'elle est venue au Canada. Comme le droit de résidence de son père sera révoqué, le sien le sera aussi. L'avocat plaide son enracinement au Québec et la situation difficile en Côte d'Ivoire pour que les autorités permettent à l'adolescente de rester au pays. Très impliquée, elle se sent très québécoise, dit-elle.