Le ministre de la Santé du Québec Philippe Couillard (Photo: Karine Dufour, site de Radio-Canada).
Ce dimanche à «Tout le monde en parle», la culture et la politique furent au menu. Le chanteur Yves Lambert et le dramaturge René-Daniel Dubois ont abordé les deux sujets tandis que le ministre Philippe Couillard est venu parler du système de santé québécois.
Le premier invité de l'émission était le ministre de la Santé du Québec Philippe Couillard. Le rapport Castonguay fut au centre des discussions. Couillard a dit qu'il aimait des grands pans du rapport sauf que celui-ci fut essentiellement rejeté par le gouvernement. Il permettra d'apporter des changements au régime de santé. Toutefois, l'un des grands problèmes du système, c'est le manque de médecins. On accueille toutefois plus de médecins étrangers qu'auparavant.
La prise en charge des patients par les jeunes médecins a également été abordée. Des incitatifs sont nécessaires, selon le ministre.
Couillard a raconté que la semaine dernière, il était «l'archange noir de la privatisation». Cette semaine, il est le chantre de l'immobilisme. Il dit par contre croire au système de santé québécois.
L'ADQ aurait accepté presque toutes les recommandations du rapport Castonguay. Avez-vous donné des munitions à ce parti, a demandé l'animateur Guy A. Lepage? «Ou une corde pour se pendre», a répliqué Couillard! «La pratique mixte sans précautions (comme le recommande l'ADQ), c'est inacceptable», ajoute-t-il.
Lepage a parlé du CHUM. N'a-t-on pas une autre autoroute 30, lance l'animateur? Le premier appel d'offre pour la construction de l'hôpital va se faire d'ici quelques mois, rassure le ministre.
Le dramaturge René-Daniel Dubois continue d'écrire même s'il a ralenti son rythme de production. Il a notamment écrit «Being at Home with Claude». Il dit avoir des problèmes avec la société québécoise, la représentation du monde qu'il a connue à l'école et plusieurs tares qui touchent le Québec. Une partie de la population ne sait pas lire, dénonce-t-il. «Une identité, c'est que tu fais. Ce n'est pas ce que tu veux être», dit-il en lien avec le débat sur l'identité québécoise. Très agité, l'homme a aussi dénoncé notre manque de culture même chez les politiciens. «Dostoïevski, ce n'est pas une marque de crème glacée norvégienne. (…) Kim Yaroshevskaya a fait plus que tous les ministres de la culture du Québec», lance-t-il!
Marie-France Bazzo anime l'émission «Il va y avoir du sport». Elle s'est prononcée sur ses faibles cotes d'écoute (30 000 téléspectateurs). On ne peut se priver de la diversité à la télé, dit-elle à cet effet. On a comparé l'émission à une «Fureur» intellectuelle. Les hommes sont plus doués pour le débat, selon Bazzo. Les filles sont plus craintives et consensuelles, dit-elle. Elle avoue être prétentieuse et ajoute qu'elle a le moyen de ses ambitions. Chez un gars, ça passe. Chez une femme, c'est difficile. Elle dénonce aussi le fait de «penser en kit». Elle essaie de voir les sujets de plusieurs perspectives. L'année prochaine, son émission sera présentée de manière hebdomadaire à une case horaire différente.
Le chanteur Yves Lambert sera le soliste invité de l'Orchestre symphonique de Montréal les 26 et 27 février. En 2002, il a quitté la Bottine souriante après 26 ans. Il n'avait plus le goût de faire de la musique festive mais des trucs plus noirs. Il se sent maintenant plus libre de ses choix. Il a abordé le côté politisé des artistes. Il faut prendre position par rapport à ses idéaux politiques, qui que nous soyons. Il croit qu'on vit dans un territoire colonialiste au Québec: «On est en train de vendre notre territoire», dit-il. «À quelque part, les gouvernements ne sont pas conscients.» Il souhaite un gouvernement social-démocrate qui fera sa part pour la culture et le maintien de la mémoire collective.
La chanteuse et comédienne Ima revenait d'un très court séjour en Floride. À son arrivée, son père lui a dit qu'elle était invitée à l'émission. Elle devait repartir. Sa réaction: elle s'est mise à pleurer! Sur le plateau, elle a fait la promotion de la série «Casino» et de «Smile», son plus récent disque. Lors d'une fête donnée par Guy Laliberté, elle a rencontré Bono. Cette rencontre d'une vingtaine de minutes fut très marquante pour elle. Elle lui avait dit qu'elle cherchait son essence. Il avait répliqué qu'il prierait pour elle. Ils ont ensuite discuté de l'implication de la jeune femme auprès d'Amnistie internationale. Porte-parole d'un organisme pour les sans-abri, elle fut au bord des larmes lorsque Lepage lui a parlé de la problématique.
Yves Desrosiers, qui a été emprisonné cette semaine après ne pas avoir payé des contraventions pour avoir produit du lait de manière artisanal, et son frère André, sont venus à l'émission. Yves avait reçu des contraventions pour manque de vitamine D dans le produit, présence de bactérie et présence d'excréments de rongeurs dans les barils. Ils ont donc fermé leur usine. Bazzo était une de leur cliente et a vanté le goût de leur lait. Selon eux, le système est notamment trop réglementé et ne laisse pas de place à la petite entreprise. Lepage a demandé qui étaient «les méchants» qui les avaient mené à la faillite. André a hésité avant de répondre. Question de procédures juridiques, il n'a pas voulu parler.
La chanteuse Laurence Jalbert a parlé de son album «Tout porte à croire». L'artiste est revenue sur certains événements de sa carrière. Lorsqu'elle a fait son premier album, elle dit qu'elle s'était fait avoir. À 30 ans, il ne lui était pas resté grand argent des ventes de ce premier disque. À 44 ans, elle s'est à nouveau fait roulée. Depuis presque cinq ans, elle travaille désormais avec quelqu'un de bien, confie-t-elle.