(AP) - La chanteuse américaine Dee Dee Bridgewater a été élevée vendredi soir au grade de commandeur dans l'Ordre national des arts et des lettres par la ministre de la Culture, Christine Albanel.
Evoquant "la plus française des chanteuses américaines", la ministre a retracé le long parcours de l'icône de jazz vocal, débuté à Memphis (Tennessee) où elle née il y a 57 ans, avant un déménagement pour Flint (Michigan).
C'est en 1984 qu'a commencé "votre histoire d'amour avec notre pays", a rappelé Christine Albanel. La France où la chanteuse a été d'abord découverte grâce à la comédie musicale "Sophisticated Ladies", avant de devenir le fer de lance du jazz vocal féminin mondial.
L'artiste a notamment été récompensée d'un Grammy Award pour son album "Dear Ella", un hommage à Ella Fitzgerald, d'un Tony Award pour la comédie musicale "Glinda the Good Witch", et d'une Victoire de la musique d'honneur en France pour l'ensemble de sa carrière.
Après avoir reçu l'accolade et arborant fièrement le cordon vert et blanc, la récipiendaire a interprété "J'ai deux amours", accompagnée de son pianiste Etzel Gomez, autour de deux de ses enfants, China Moses et Gabriel Durand, ainsi que de son dernier mari et gérant, Jean-Marie Durand.
"C'est la plus belle récompense que j'ai reçue de toute ma vie", a confiée à l'Associated Press Dee Dee Bridgewater, en mini robe noire et le crâne rasé. "Au temps de mon enfance à Flint, une ville vraiment très pauvre, je rêvais qu'un jour j'irais à Paris, mais sans imaginer une seconde que cette terre deviendrait mon pays de coeur. Dites bien que je dis merci à la France", a-t-elle insisté, manifestement émue.
Après Clint Eastwood et William Forsythe, Dee Dee Bridgewater est la troisième personnalité américaine élevée à la dignité de commandeur dans l'Ordre des arts et des lettres.

© La Presse Canadienne, 2008