Par Karine Fortin.
Le projet de loi C-10 qui permettrait à Ottawa de refuser des crédits d'impôt à des films ou émissions de télévision contraires à "l'ordre public" a reçu mercredi l'appui inconditionnel d'un évangéliste qui prétend parler au nom des familles du pays.
Pour le Dr Charles McVety, président de la Canada Family Action Coalition (CFAC), il n'est pas inconcevable que les contribuables financent des produits culturels montrant des actes pornographiques, excessivement violents ou faisant l'apologie de l'homosexualité, entre autres.
M. McVety s'appuie sur les résultats d'un sondage mené par la firme Compas auprès de 500 personnes. Selon cette étude, dont la marge d'erreur est très grande, une majorité de Canadiens seraient d'accord avec cette position, unanimement décriée par les artistes et artisans.
Le révérend refuse de définir ce qu'il considère comme "contraire à l'ordre public" mais à ses yeux, les films "Kiss" (1996) et "Young People Fucking" (2008) n'auraient pas dû recevoir des deniers publics.
M. McVety doit témoigner en fin d'après-midi devant le comité sénatorial qui étudie C-10. Il sera accompagné du directeur général de la CFAC, Brian Rushfeldt, et du porte-parole de l'Institut pour les valeurs canadiennes, John Howarth.

© La Presse Canadienne, 2008