Robert Lepage: sa nouvelle pièce est présentée en France en première mondiale
Le 22 avril 2008 - 22:11
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Par Michel Dolbec.
La nouvelle oeuvre de Robert Lepage, "Le Dragon bleu", a pris son envol mardi dans la petite ville agricole de Châlons-en-Champagne, à deux heures de Paris.
Le spectacle a été présenté en "première mondiale" au Théâtre national de la Comète, où le Québécois et sa troupe ont pris l'habitude de poser leurs pénates depuis quelques années, avec le Projet Andersen notamment. L'ex-premier ministre Jean-Pierre Raffarin et 800 spectateurs ont fait un triomphe à cette nouvelle création, "labellisée" 400ème , et promise à une tournée internationale qui s'achèvera au Québec au printemps 2009.
Robert Lepage fait revivre dans "Le Dragon bleu" le personnage de Pierre Lamontagne, apparu il y a 20 ans dans "La Trilogie des Dragons". Joué par Lepage, coiffé pour l'occasion à la manière de Tintin, Lamontagne tient désormais une galerie d'art contemporain à Shanghai et entend ne jamais retourner au Québec, ce "petit village gaulois replié sur lui-même et xénophobe". Il reçoit un jour la visite de Claire (la très juste Marie Michaud), une vieille amie venue adopter une petite Chinoise. Il fréquente par ailleurs une " jeune et belle artiste " jouée par Tai Wei Foo, une jeune Chinoise de Singapour établie au Québec depuis quelques années.
La pièce, qui flirte de manière assumée avec le mélodrame, est le prétexte à une sorte de réflexion sur la maternité et la paternité, avec en toile de fond les bouleversements rapides et profonds que connaît la Chine, où "on trouve des cliniques d'avortement à tous les coins de rue".
Projections d'images de toutes sortes, calligraphie en temps réel, jonques et trains miniatures, chute de neige : la mécanique visuelle imaginée par Lepage est encore une fois impeccable et complexe. Un dispositif à deux étages se transforme tantôt en hall d'aéroport, tantôt en atelier d'artiste ou en restaurant. L'espace est découpé en huit cases, comme une bande dessinée. On pense tout de suite au "Lotus bleu", objet de nombreux clins d'œil.
Comme souvent chez Lepage cependant, le propos de départ û une histoire d'adoption ratée, de grossesse non désirée, de paternité refoulée, agrémentée de réflexion sur les difficultés de reproduction des pandas - paraît un peu mince au regard de la richesse de moyens visuels.
"Ca commence toujours comme ça, a d'ailleurs reconnu Robert Lepage après le spectacle. On crée un univers, un cosmos, ensuite on laisse pousser les choses."
"L'écrin est superbe, mais la boîte est encore un peu vide. C'est normal, ça va s'étoffer rapidement. C'est tout l'intérêt du travail de Lepage", expliquait de son côté un spécialiste de l'oeuvre du Québécois.
Ultime pirouette : Robert Lepage propose plusieurs conclusions à son récit. Pour mieux laisser au final le souvenir d'une "douleur secrète en forme de Dragon bleu".

© La Presse Canadienne, 2008

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