TQS: Remstar veut faire un réseau axé sur le divertissement
Le 26 avril 2008 - 07:17
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Par Sylvain Larocque.
Remstar entend faire de TQS un réseau de télévision qui diffusera abondamment des émissions de divertissement, des jeux questionnaires, des films, des dramatiques américaines et des sitcoms.
Dans sa demande de transfert de licence présentée au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), qui a été rendue publique vendredi, l'entreprise montréalaise dit vouloir viser un auditoire plus jeune, soit le groupe-cible des 18-49 ans. Conformément aux règles, Remstar veut obtenir que sa licence soit valide jusqu'en 2015.
"Le nouveau TQS n'entend pas entrer en compétition avec Radio-Canada et TVA dans le domaine de l'information traditionnelle, peut-on lire dans le mémoire de Remstar. (...) TQS diffusera plutôt des contenus de programmation locale, c'est-à-dire offrir des émissions qui seront le reflet de la communauté dans toute sa diversité."
Dans les régions de Québec, Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay, TQS envisage de produire des émissions locales qui traiteront des événements culturels, sociaux, économiques, politiques, communautaires et sportifs.
Cinq heures par semaine seraient consacrées à ces émissions à Québec, mais seulement une heure et demi à Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay.
A Montréal, Remstar compte diffuser quotidiennement une émission "reflétant les activités culturelles et artistiques" et une autre composée d'entrevues "avec les gens qui font l'événement". On promet d'assurer au moins 15 heures de programmation locale par semaine dans la région métropolitaine.
La nouvelle mouture de TQS entend également proposer des jeux questionnaires, des émissions d'information axées sur les loisirs et des "tribunes de nature informative". On retrouverait du divertissement et du sport le matin, des films et des infopublicités l'après-midi, puis, en soirée, des sitcoms, des séries dramatiques américaines, des films, des émissions de variétés et du sport (vraisemblablement l'émission 110 pour cent). Il y aurait une émission dramatique québécoise par semaine. On ne sait pas quelle place occuperait la téléréalité.
Remstar évoque le recrutement de "talents" issus des communautés culturelles et s'engage à consulter les téléspectateurs francophones afin de connaître leurs "attentes" à l'égard de TQS.
Il reste à voir si le CRTC autorisera Remstar à ne plus diffuser de bulletins de nouvelles.
"Comme le Conseil le fait pour toute demande relative à la télévision en direct, il examinera soigneusement les propositions relatives à la programmation, particulièrement celles portant sur les émissions prioritaires (les dramatiques) et la programmation locale, incluant la couverture de l'information", a écrit le président de l'organisme réglementaire, Konrad von Finckenstein, dans une lettre envoyée jeudi à la ministre du Patrimoine canadien, Josée Verner.
Selon les chiffres divulgués vendredi par Remstar, les dépenses de programmation de TQS passeront de 66,9 millions $ cette année à 47,9 millions $ en 2008-09, puis à 57,2 millions $ en 2014-15. L'abolition du service de l'information se traduira par des économies annuelles de 21,3 millions $.
Remstar espère faire passer la part de marché de TQS de 8,5 pour cent qu'elle est actuellement à 10,1 pour cent en 2008-09. On vise ensuite une augmentation de 0,5 point de pourcentage par année.
Selon l'entreprise, il ne faut pas compter sur une augmentation des revenus à cause de l'érosion des ventes publicitaires, qui migrent vers les autres plateformes médiatiques et vers les canaux spécialisés. Pour la diffusion en mode numérique, Remstar prévoit un investissement de 15 millions $ d'ici 2011.
L'acquéreur s'engage en outre à verser 1 million $ sur sept ans pour l'acquisition de la licence, un montant qui peut être investi dans la production d'émissions dramatiques ou versé à des organismes. Cette contribution (appelée "avantages tangibles" par le CRTC) se chiffre habituellement à 10 pour cent de la valeur de la transaction, mais peut être moindre si le réseau éprouve des difficultés financières.
Le président du syndicat des travailleurs de l'information de TQS à Montréal, Luc Bessette, a dit vouloir étudier en profondeur le mémoire de Remstar avant de le commenter.
Les syndiqués de TQS feront face à un dilemme lors du vote sur le plan d'arrangement, le 22 mai: s'ils votent en faveur, ils se trouveront à cautionner la fermeture du service de l'information du réseau, mais s'ils s'y opposent et que le projet est rejeté, ils perdront la totalité des sommes qui leur seront dues (principalement les indemnités de départ et les payes de vacances).
Fait à noter, en cas d'échec de son plan et d'une faillite de TQS, Remstar sera le premier créancier à être remboursé. En effet, en avançant un financement intérimaire de 13 millions $, le mois dernier, l'entreprise appartenant à Julien et Maxime Rémillard a remplacé la Banque CIBC comme créancier garanti. Il reste à voir si les actifs de TQS auraient suffisamment de valeur pour couvrir la totalité de cette somme.
Le CRTC entendra la demande de Remstar à compter du 2 juin lors d'audiences qui se tiendront à Montréal et à Québec. La date butoir pour le dépôt des mémoires a été fixée au 15 mai.

© La Presse Canadienne, 2008

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