Il y a quelques jours, Ariane Moffat lançait son troisième album studio intitulé «Tous les sens» sur étiquette Audiogram. Les fans ne seront pas déçus. On y retrouve les sonorités et les textures qui sont propres à l'artiste. Toutefois, ce disque semble plus joyeux que les précédents. Showbizz.net a rencontré l'auteure-compositrice et interprète.
À première écoute, «Tous les sens» a l'air plus groovy que les deux premiers opus de l'artiste, qui étaient plus planants. «J'ai toujours eu un peu de groove dans toutes mes choses mais celui-ci est plus léger en tout cas», réplique Ariane Moffat. Après «Le cœur dans la tête» (2005), «j'ai voulu enchaîner assez rapidement. J'ai voulu rebondir avec quelque chose qui montrerait un autre côté de ma personnalité, plus ludique, moins sérieux», poursuit-elle. Elle a ainsi voulu se prouver qu'elle était capable d'écrire des chansons aux idées moins tourmentées.
Le deuxième album d'Ariane Moffat était qualifié d'autobiographique par sa compagnie de disques et certains journalistes. Le troisième est-il moins proche du vécu de l'auteure-compositrice? «Pas vraiment. Les gens rentrent peut-être davantage dans mon monde car c'est moins hermétique? C'est plus facile de s'ouvrir dans les trucs plus happy, plus légers. Je suis une artiste comme beaucoup d'artistes qui s'autobiographient (sic), dans le sens où je ne m'inspire pas toujours du voisin pour écrire. Ça part vraiment de moi.»
Les chansons
L'amour («L'amour, toujours l'amour!», lance-t-elle), l'absence et la ville sont des thèmes récurrents sur «Tous les sens». Ariane Moffat fait aussi certains clins d'œil aux histoires, à l'enfance et même aux mangas. Dans la pièce «Réverbère», elle chante «Je vis dans une bande dessinée, un manga… (…) Ma vie est une série B, mais ça m'va.» L'artiste fait davantage appel à l'imaginaire et au désir de créer des petits scénarios, dit-elle. Elle voulait ainsi faire changement de ses créations autobiographiques.
La nuit inspire également l'auteure-compositrice: «La nuit et le jour. Ça commence par le jour, même dans le pacing, dans le déroulement de l'album. On a essayé de le faire un peu comme ça… Des chansons très jour puis des chansons très nuit vers la fin», dit-elle.
La ville de Montréal suscite encore une fois l'intérêt d'Ariane Moffat («Hiver Mile-End»). La jeune femme est originaire de la région de Québec. Elle est toutefois déménagée dans la métropole à la fin de l'adolescence. «En tant que créateur, notre environnement nous inspire… Le quartier, Mile-End, où je suis... Je suis très attachée à ma ville. Je suis très attachée au climat de Montréal. Ça se glisse un peu dans ce que je fais», explique l'artiste.
La pièce «Jeudi 17 mai» est directement liées aux manchettes du jour. «C'est une réflexion sur l'information, sur le bombardement de titres auquel on est confronté chaque matin. J'ai voulu appuyer sur pause cette journée-là. Ça donne un clin d'œil sur ce qui se passait dans le monde. Ça montre à quel point des choses futiles cohabitent avec des choses vraiment graves. Comment tout ça se mélange… Parfois, c'est même un peu épeurant», raconte Ariane Moffat.
Le premier simple, «Je veux tout», est très «autodérisoire et près de (la) personnalité» de la chanteuse. «Je prend plaisir à déclarer. En même temps, je pense que c'est un peu à l'image de notre façon de vivre en société. On est très individualiste. On veut tout. On est très impatient. On a l'impression d'avoir besoin du beurre et de l'argent du beurre pour avoir le sentiment d'être complet. Ça fait dur. C'est infantilisant comme comportement sauf que nous sommes tous un peu pris au piège là-dedans», dit-elle à propos de ce morceau.
Collaborateurs
Jean-Phi Goncalves coréalise «Tous les sens» avec Ariane Moffat. Il signe aussi les musiques de la pièce titre de cet opus et de l'intermède «En l'air». Il participe également à l'album en tant que musicien. Franck Deweare a de plus participé à la composition de quelques titres.
«C'est la première fois que je collabore au niveau de l'écriture. Ce fut formidable comme travail d'équipe. Ce sont des gens qui sont plein de talent mais qui n'ont pas encore nécessairement de grande notoriété dans le domaine de la musique. C'est ce que je trouve cool… De travailler avec des gens que je ressens, avec qui je peux faire une belle équipe. Jean-Phi, c'est comme meilleur ami. J'essaie de travailler avec des gens qui sont proches pour vrai et d'avoir un rapport qui va au-delà du (domaine) professionnel avec eux.»
Goncalves fait partie de Plaster. Ariane Moffat a déjà collaboré à un projet avec la formation. Le groupe a également fait des premières parties de spectacles pour la chanteuse.
Les projets
À l'automne, Ariane Moffat amorcera sa nouvelle tournée de concerts au Québec.
Question de faire patienter ses fans, une rumeur veut qu'elle se produise le 23 juin à Québec, sur les Plaines d'Abraham, pour souligner la Fête nationale. Selon sa page MySpace, un show est au programme ce jour-là dans sa ville natale.
Les 3, 4 et 5 juillet, elle participera également au spectacle du 400ème dans la Capitale.
Le reste de l'été sera par contre assez tranquille. Elle souhaite prendre une pause entre la période de promotion de l'album et sa nouvelle tournée.
«Tous les sens» sera lancé en France en janvier 2009. La chanteuse compte y passer quelques mois pour continuer à y développer sa carrière. Le marché n'est pas facile, selon l'artiste, mais elle y tente une percée. D'ailleurs, «Aquanaute» et «Le cœur dans la tête» y avaient été distribués.
Cliquez pour accéder au site Internet d'Ariane Moffat.