Le projet des nouveaux propriétaires de TQS de ne plus diffuser de nouvelles inquiète tellement les politiciens qu'ils ont voté mercredi à l'unanimité pour que tous les détenteurs de licences de radiodiffusion soient désormais obligés de maintenir un service d'information locale.
Contrairement à ce que l'on n'entend souvent, ce n'est pas le cas actuellement. Pour le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, la production de contenu local - pas nécesairement des nouvelles - constitue en effet une obligation morale et non pas une condition de licence.
Pour le porte-parole libéral en matière de Patrimoine, Denis Coderre, la triste histoire de TQS prouve que cela n'est pas suffisant.
Le député de Bourassa trouve dommage qu'on en soit venus à considérer l'information comme une marchandise. Il dénonce aussi la "centralisation" de l'information dans les grands centres et principalement à Montréal et Toronto.
C'est pourquoi il a présenté à une motion stipulant que "de l'avis de (la) Chambre, le maintien d'un service d'informations produites localement ou régionalement doit faire partie des conditions d'exploitations des titulaires de licences de télévisions généralistes".
Même s'il a appuyé le texte, le gouvernement continue à dire qu'il ne souhaite pas s'immiscer dans la transaction privée entre les anciens propriétaires de TQS et la société Remstar, qui souhaite acquérir le réseau.
Les conservateurs sont cependant d'accord avec le principe que défend la motion, a indiqué l'attaché de presse du premier ministre, Dimitri Soudas.
Une motion semblable émanant du Bloc québécois a aussi été adoptée à l'unanimité cette semaine par le comité permanent du Patrimoine.
Pour la bloquiste Maria Mourani, la fermeture de services de nouvelles en région porte atteinte au droit des citoyens d'être informés de ce qui se passe chez eux et nuit à la diversité des voix en information.

© La Presse Canadienne, 2008