Le co-fondateur du Festival de jazz de Montréal, André Ménard, ainsi que des journalistes se sont fait usurper leur identité numérique par le conseiller du groupe de musique Misteur Valaire.
Jusqu'à tout récemment, en tapant www.clauderajotte.com, on tombait sur le top 5 de l'année 2007 de l'émission radio-canadienne Fréquence Libre de l'animateur Claude Rajotte, palmarès sur lequel figurait Misteur Valaire.
Claude Rajotte n'a pourtant jamais acheté ce nom de domaine. C'est Guillaume Déziel, le conseiller de Misteur Valaire, qui se l'est procuré le 20 août 2007, ainsi que des noms de domaines avec les noms d'André Ménard du FIJM, et des journalistes musicaux du Devoir Sylvain Cormier et de la Presse Alexandre Vigneault et Alain Brunet.
Il a aussi acheté les noms de domaines des chroniqueurs de La Presse Marc Cassivi et Nathalie Petrowski (avec une erreur dans le nom : nathaliepetrovsky.com) ainsi que celle de Francine Grimaldi, ont découvert les journalistes Philippe Renaud et Michel Dumais.
Sur le site www.alainbrunet.com, Déziel redirigeait les internautes vers un blogue qui parlait de son site de téléchargement Bouche à oreille musicale (baom.net).
Aujourd'hui, Guillaume Déziel reconnaît la grossière erreur jurant qu'elle n'était ni « planifiée ni préméditée » et qu'il aurait remis les noms de domaine si les principaux intéressés le lui avaient demandé.
"Je n'ai jamais voulu faire de cybersquattage", affirme-t-il en faisant référence à cette pratique utilisée par des fraudeurs qui achètent des noms de domaine relatifs à des marques de commerce ou des personnes et demandent ensuite rançon pour les libérer.
"Je ne pense pas que Guillaume Déziel avait des intentions malveillantes. Il n'a pas le profil d'un fraudeur", confirme Alain Brunet de La Presse, une des victimes de cette affaire, qui n'en excuse pas moins les gestes commis.
Selon lui, il s'agit d'erreurs de jugement qui pourraient s'avérer néfastes pour « sa carrière de producteur et celle de Mister Valaire ».
Après s'être confondu en excuses auprès des personnes intéressées, Guillaume Déziel a restitué ses droits de propriété sur les noms de domaines qu'il avait achetés à un mandataire externe, la société montréalaise iWeb en l'occurrence, afin qu'il les rende à leurs propriétaires respectifs.
Reste à savoir si c'est suffisant pour les avocats du quotidien La Presse, qui ont été saisis du dossier.