Par Karine Fortin
La diffusion de vidéos et de musique par les nouveaux médias comme Internet et les téléphones cellulaires devrait-elle être mieux encadrée? Devrait-on favoriser la production de contenu canadien pour ces "plateformes" en pleine croissance?
Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) se le demande. C'est pourquoi il a décidé d'organiser une consultation, suivie d'une audience publique, sur la question.
Dans un communiqué émis jeudi, le président de l'organisme, Konrad Von Finckenstein, a pris la peine de spéficier que son intention n'était pas de réglementer Internet mais plutôt de mieux comprendre cet "environnement".
Au besoin, le CRTC pourrait proposer des mesures d'appui aux créateurs, comme il en existe déjà dans le domaine de la radio et de la télévision traditionnelles, afin de s'assurer que les objectfifs de la loi sur la radiodiffusion sont atteints.
Cette loi précise entre autres que le système doit favoriser la production d'émissions canadiennes qui reflètent les deux langues officielles, le multiculturalisme, les valeurs sociales et la place des autochtones au pays.
"Les nouvelles technologies et plateformes numériques ont fait naître des occasions pour la diffusion de contenu canadien produit de manière professionnelle, occasions qui n'existaient pas il y a quelques années", a fait valoir M. Finckenstein.
La dernière fois que le conseil s'était penché sur la question, en 1999, il avait jugé qu'il n'était pas nécessaire de réglementer, notamment puisque les nouveaux médias n'avaient pas d'incidence visible sur l'auditoire et les revenus publicitaires de la télé et de la radio traditionnelles.
Plusieurs indices permettent de croire que ce constat est aujourd'hui dépassé. Les Canadiens consacrent en effet davantage de temps aux nouveaux médias et les publicitaires les incluent de plus en plus souvent dans leurs stratégies.
Le CRTC a déjà obtenu l'avis d'experts, de politiciens et de membres de l'industrie des télécommunications sur la question. Il souhaite maintenant savoir ce qu'en pense le public.
Les personnes intéressées ont jusqu'au 11 juillet prochain pour soumettre leurs observations à l'organisme. Ceux qui le désirent peuvent aussi faire part de leurs commentaires en ligne, dans le site du conseil.
L'audience publique devrait normalement avoir lieu au début de 2009.

© La Presse Canadienne, 2008