Télévision: un rapport de Jeunes en forme Canada pointe du doigt le temps passé devant l'écran
Le 28 mai 2008 - 07:06
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Par Anne-Marie Tobin.
Les enfants passent tellement de temps devant un écran, que ce soit celui de l'ordinateur ou celui de la télévision, que cela se reflète sur le "bulletin scolaire" d'un organisme.
Jeunes en forme Canada a accordé une note globale de "D" dans son rapport annuel mardi, mais certaines catégories, dont l'activité physique et le temps passé devant l'écran, ont récolté une mention d'échec.
Pour la catégorie du temps passé devant un écran, la note est passée de "D moins" l'an dernier à "F" cette année. Un jeune âgé entre 10 et 16 ans passe en moyenne six heures par jour devant un écran, révèle le rapport.
La note pour cette catégorie a diminué parce que les preuves à l'effet que les petits Canadiens passent trop de temps devant l'écran s'accumulent et que de nouvelles données démontrent que même les enfants d'âge préscolaire sont touchés par le problème.
Pour les jeunes d'âge scolaire au Canada et aux Etats-Unis, les pédiatres suggèrent de ne pas dépasser deux heures devant un écran. Quant aux bambins d'âge pré-scolaire, il s'agit plutôt d'une heure seulement.
Selon le scientifique Mark Tremblay, le temps passé devant un écran empiète sur celui des autres activités de loisir.
"Quand vous êtes assis sans bouger, votre métabolisme est très bas. En fait, lorsque vous regardez la télévision, il est à peine plus élevé que lorsque vous dormez", avance-t-il.
La plupart des données proviennent d'une étude sur les comportements de santé chez les enfants d'âge scolaire conduite en 2005-2006 par l'Organisation mondiale de la santé, bien que d'autres études aient également été utilisées pour ce fameux bulletin.
Cette étude pour laquelle 9717 Canadiens de la 6e année du primaire à la 4e année du secondaire ont été sondés indique que le temps passé devant la télé est de 5h56 minutes les jours de semaines, mais grimpe à 7h25 minutes les jours de fin de semaine.
"Et cela, c'est uniquement à des fins récréatives", ajoute M. Tremblay, puisque cela n'inclut pas le temps passé pour les devoirs et les recherches scolaires.
Nancy Gyurcsik, professeur-associée au Collège de kinésiologie de l'Université de la Saskatchewan, rappelle que les jeunes tout comme les adultes n'ont qu'un nombre d'heures limité destiné aux loisirs.
"Ce qui nous motive est généralement ce que nous valorisons", explique-t-elle en commentant le "bulletin".
"Ce que le rapport me dit, c'est que nos jeunes valorisent beaucoup le temps passé devant un écran."
Dans l'une de ses études, elle a demandé à 221 fillettes quelles étaient selon elles les obstacles à l'activité physique. Aucune n'a répondu le temps passé devant un écran.
Un autre aspect du rapport met en lien l'activité physique et le milieu de vie de l'enfant.
Plus de 90 pour cent des parents affirment avoir accès à des parcs et des aires de jeu, et plus de 60 pour cent trouvent ces installations satisfaisantes.
Or, seulement 34 pour cent des parents déclarent se servir des parcs et des espaces verts, et 23 pour cent utilisent les installations et participent à des programmes.
Mme Gyurcsik suggère que c'est peut-être parce qu'ils n'en ont pas le temps ou encore parce qu'ils n'inscrivent pas ce type d'activité dans leur calendrier.
"Il faut se demander pourquoi ils ne les utilisent pas et quel est le facteur limitant. Une fois que cela sera connu, nous pourrons alors élaborer des plans d'intervention pour amener les gens à sortir de chez-eux."
Quant à M. Tremblay, il espère que ces nouvelles données alerteront les parents et leurs enfants et qu'ils changeront leur comportement.

© La Presse Canadienne, 2008

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