TQS: Remstar dit au CRTC vouloir ressusciter une télévision «cliniquement morte»
Le 2 juin 2008 - 10:00
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Par Lia Lévesque.
En voulant se porter acquéreur du réseau TQS, Remstar tente simplement de ressusciter une télévision "cliniquement morte", en faisant de la "télévision parlée" d'analyse, soit l'équivalent des émissions radiophoniques de Paul Arcand ou René Homier-Roy.
C'est ce qu'ont expliqué les dirigeants de TQS et Remstar, qui ont témoigné devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), lundi à Montréal.
Ceux-ci ont expliqué que TQS n'avait d'autre choix que d'abolir ses salles de rédaction, parce qu'elle n'avait tout simplement plus les moyens de concurrencer TVA et Radio-Canada en faisant des bulletins de nouvelles traditionnels.
"Congédier, pour un entrepreneur, est un constat d'échec. Mais cet échec n'est pas le nôtre. Ce sont les pertes accumulées depuis la naissance de l'antenne et l'importante mutation que subit présentement l'industrie qui ont mis TQS en faillite et entraîné ces licenciements. Nous ne faisons que tenter de ressusciter une entreprise cliniquement morte", a commenté le coprésident et chef de la direction de Remstar Diffusion, Maxime Rémillard, en s'adressant au CRTC.
Les dirigeants de TQS et de Remstar ont indiqué que les bulletins de nouvelles avaient enregistré une baisse de 40 pour cent de leur auditoire au cours des quatre dernières années.
"On ne serait jamais capable de rentabiliser TQS si on maintenait le statu quo au niveau des nouvelles", a assuré le vice-président et directeur général de TQS, Serge Bellerose.
La situation financière de TQS reste précaire. Depuis le mois de janvier dernier, TQS perd 1,2 million $ par mois en moyenne, a précisé M. Bellerose. Depuis son entrée en ondes en 1986 et jusqu'au 31 août 2007, les pertes cumulatives atteignent 225 millions $, a-t-il ajouté.
Feu nourri de questions
Les patrons de TQS ont affronté un feu nourri de questions de la part des conseillers du CRTC. Par exemple, les conseillers Michel Morin et Michel Arpin se sont étonnés d'apprendre que Remstar a pris certaines décisions de programmation - dont l'abolition des nouvelles et un réinvestissement dans les dramatiques - sans même avoir fait d'étude de marché pour savoir si cela permettrait de rentabiliser le réseau.
"Ca fait 22 ans que cette entreprise perd de l'argent. Elle a perdu 225 millions $. Il ne faut pas dépenser 250 000 $ dans une étude de marché pour savoir quel programme, quel produit sur les ondes de TQS sont rentables et ne le sont pas", s'est exclamé M. Rémillard.
Le conseiller Arpin s'est aussi étonné du fait que Remstar ait peu élaborer sur ses résultats financiers, alors que le rôle du CRTC consiste entre autres à voir si Remstar a les reins suffisamment solides pour se porter acquéreur de TQS.
Interrogé à savoir si TQS pourrait maintenir un service d'information, mais partiel, M. Bellerose a laissé la porte entrouverte, tout en se montrant fort sceptique d'un éventuel succès d'une telle formule.
"Oui, nous aurions la capacité de maintenir des bulletins de nouvelles à l'antenne, mais certainement pas des bulletins de nouvelles du type de ceux que nous avons produits jusqu'à vendredi. Oui, on pourrait en faire des bulletins de nouvelles à partir de septembre, avec beaucoup moins de ressources. Evidemment, ça serait des bulletins de nouvelles de bien moindre qualité, beaucoup moins attrayants pour les téléspectateurs", a affirmé M. Bellerose.

© La Presse Canadienne, 2008

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