Un conseiller de Jean Charest appuie le projet d'acquisition de TQS par Remstar
Le 3 juin 2008 - 16:09
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Par Martin Ouellet
Un proche conseiller de Jean Charest appuie sans réserve la volonté de la société Remstar de prendre le contrôle de TQS en sabordant le service de l'information.
L'opposition officielle a soulevé ce fait nouveau mardi à l'Assemblée nationale au moment même où la ministre des Communications Christine St-Pierre intervenait auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour contrecarrer les plans de Remstar.
Dans une lettre qu'il a fait parvenir au CRTC le 14 mai, Michel Bissonnette, vice-président à la maison de production Zone 3 et conseiller bénévole auprès du premier ministre Jean Charest, accorde son soutien plein et entier aux démarches de Remstar.
"Nous souhaitons donc que la demande de transfert des licences de TQS en faveur de Remstar soit accueillie par le CRTC dans l'intérêt de toute l'industrie", écrit M. Bissonnette dans la missive transmise à l'instance fédérale.
Or, M. Bissonnette n'est pas qu'un simple producteur privé. Ex-président de la commission jeunesse du Parti libéral du Québec, il agit depuis septembre dernier comme conseiller spécial du premier ministre Jean Charest, en compagnie de John Parisella, ancien chef de cabinet de l'ex-premier ministre Robert Bourassa.
Dans sa lettre au CRTC, M. Bissonnette, à titre de dirigeant d'une entreprise de production, fait l'apologie des méthodes d'affaires des frères Rémillard. Selon lui, "le dynamisme de l'équipe de Remstar conjugué avec l'expérience et l'expertise de l'équipe de TQS devraient se traduire dans un réseau réinventé".
"Ma question toute simple au premier ministre: est-ce que le premier ministre est d'accord avec son conseiller bénévole qui appuie le réseau réinventé de Remstar, qui consiste à sortir les journalistes des salles de nouvelles de Québec, Montréal, Trois-Rivières et Sherbrooke?", a lancé en Chambre le député adéquiste Sylvain Légaré.
La ministre de l'Education, Michelle Courchesne, s'est chargée de la réplique en l'absence de Mme St-Pierre, qui intervenait justement en faveur de l'information régionale devant le CRTC à Québec. Mme Courchesne a tenté de résumer la position du gouvernement dans le dossier TQS.
La ministre St-Pierre, a-t-elle dit, défend "la position non seulement du gouvernement mais de tous les Québécoises et Québécois dans toutes les régions du Québec desservies par TQS sur leurs droits et l'importance d'obtenir une information qui puisse être offerte dans un contexte de communication diversifiée de cette information".
Pour l'adéquiste Sylvain Légaré, toute cette affaire semble indiquer que le gouvernement tient un double discours dans la saga de la vente de TQS.
"Est-ce que le premier ministre aujourd'hui est prêt à retourner devant les employés de TQS la main sur le coeur ou il fait faire la sale job par ses conseillers?", a-t-il demandé, sans obtenir de réponse.
Plus tard, en point de presse, la ministre St-Pierre a dit ne pas voir de contradiction entre la position adoptée par le gouvernement - celle du maintien des salles de nouvelles de TQS - et celle exprimée par le conseiller du premier ministre.
En tant que producteur privé, M. Bissonnette défend ses intérêts. "Il faut qu'il gagne sa vie", a-t-elle fait valoir.

© La Presse Canadienne, 2008

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