Par Nicholas Kusnetz
AP - Luciano Benjamin Menendez, ancien commandant de l'armée argentine, a été condamné jeudi à la prison à perpétuité pour son rôle dans l'enlèvement, la torture et le meurtre de quatre activistes en 1977, pendant la dictature militaire en Argentine.
Luciano Benjamin Menendez a été commandant du Troisième corps d'armée à Cordoba pendant cinq ans pendant la dictature en Argentine (1976-83). Il a été condamné pour l'enlèvement de quatre activistes -Hilda Palacios, Humberto Brandalisis, Carlos Lajas et Raul Cardozo.
Selon l'accusation, les quatre victimes avaient été conduits au centre de torture de La Perla, dirigé par le Troisième corps d'armée, où ils avaient été tués avant que leurs corps ne soient abandonnés dans la rue pour faire croire à une fusillade.
Aujourd'hui âgé de 81 ans, Luciano Benjamin Menendez était jusqu'à jeudi assigné à résidence suite à d'autres condamnations pour des faits commis pendant la dictature, mais les trois juges du tribunal de Cordoba ont ordonné son incarcération.
De nombreux anciens militaires condamnés pour des faits datant de la dictature effectuent leurs peines sous le régime de l'assignation à domicile, en vertu d'une loi argentine s'appliquant aux personnes âgées de plus de 70 ans ou en mauvaise santé.
Sept autres prévenus -six anciens militaires et un civil- ont été condamnés à des peines allant de 18 années de prison à la perpétuité pour les mêmes faits que ceux reprochés à Luciano Benjamin Menendez. Le procès avait débuté il y a moins de deux mois.
L'un des trois juges a lu les verdicts en direct à la télévision. Plusieurs centaines de personnes rassemblées devant le tribunal ont laissé éclater leur joie à l'annonce des peines.
La présidente argentine Cristina Fernandez a mis l'accent sur les procès d'anciens militaires depuis son élection. En 2005, la Cour suprême argentine avait cassé les lois d'amnistie dont bénéficiaient les anciens membres de la junte militaire.
Environ 13 000 personnes ont été tuées pendant la dictature en Argentine, selon les chiffres officiels, mais les organisations de défense des droits de l'Homme estiment que le véritable bilan est plus proche des 30 000 victimes.

© La Presse Canadienne, 2008