«Bye Bye 2008» : pas facile de succéder à RBO
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| Véronique Cloutier a livré la marchandise, quant à l'animation de la soirée. |
Les affiches publicitaires qui servaient à mousser le «Bye Bye 2008» étaient sans équivoque: on y voit Véronique Cloutier avec une auréole au-dessus de la tête, et à ses côtés, son conjoint Louis Morissette, coiffé des cornes rouges du diable. Le couple affichait ainsi ses couleurs pour cette dernière soirée télé de 2008.
Avec un ange aux variétés et un démon à l'humour, le «Bye Bye 2008» nous vendait donc cette année un beau mélange de drôlerie corrosive et de moments de variétés plus tempérés, question de bien boucler une année 2008 riche en rebondissements. Un cocktail télé sucré-salé en somme, qui s'est transformé en pari à demi-tenu, ni plus ni moins.
Pas facile comme mandat de remplir les énormes souliers laissés vacants par Rock et Belle Oreilles, signataire des deux derniers Bye Bye présentés sur les ondes de notre télévision d'État. Le populaire quatuor avait littéralement cartonné avec les deux dernières éditions de notre rendez-vous télévisuel de fin d'année, le «Bye Bye 2007» avait scotché à lui seul près de 3,8 millions de téléspectateurs devant leurs écrans. La barre était donc haute, et tout le monde le savait, Véro et Louis Morissette les premiers.
Débutant sur les chapeaux de roues (belle surprise de voir la vraie Julie Couillard rire de sa désormais célèbre robe), le «Bye Bye 2008» a par la suite emprunté un parcours asymétrique tout en montagnes russes, et ce, pour toute la durée (90 minutes) de l'émission.
Après un numéro musical capté en direct (pour le moins brouillon) en guise d'ouverture (une chanson à répondre dont les paroles étaient trop souvent inaudibles), on nous a offert une parodie de sitcom assez «trash» merci, mettant en vedette Patrick Roy (Emmanuel Bilodeau) et son teigneux fils Jonathan (Morissette). Un numéro pas toujours drôle, mais bien roulé et punché, sur l'impulsivité légendaire de la célèbre famille.
Sous la forme d'un faux bulletin de nouvelles, Le «Gros cave» Jean-François Mercier a enfilé ses habits de gars frustré, avec un numéro des plus cinglants sur les principales manchettes qui auront marquées l'année 2008 : crise économique, difficultés de l'industrie automobile, chicane entre Fabienne Larouche et Chantal Fontaine, fuite de Nathalie Simard, etc...À en juger par la réaction de la foule, le public a apprécié les montées de lait de l'humoriste, même si à notre avis, la joke de «pets» à propos de Nathalie Simard faisait un brin juvénile.
François Maranda s'est déguisé en Denis Lévesque pour les besoins d'un numéro, alors que celui-ci recevait Barack Obama en entrevue lors de son émission à LCN. Un sketch qui n'a jamais levé, les blagues sur les Noirs étant d'une facilité presque imbécile.
S'en suivit un (trop ?) long segment sur la crise de la listériose, crise qui a vraiment fait mal à l'industrie du fromage québécois. Impossible de ne pas faire le lien avec le désopilant «Hérouxtyville» de RBO l'année dernière, le sketch s'intitulant «L'Hystériose», développé sur le même fond de film d'horreur «cheap». Inutile de dire que la performance de RBO restera davantage gravée dans notre mémoire...
Un mauvais moment à passer fut celui du sketch «D'Hommage 2008», dans lequel on y voit des artistes du passé rendre hommage à des vedettes «trendys» d'aujourd'hui. Soeur Angèle qui chante du AC/DC, André Montmorency en paillettes chantant «I kissed a girl», Béatrice Picard qui devient Marie-Mai (faut croire que les mauvaises critiques de «Ma tante Aline» ne l'ont pas affectées...), Edgar Fruitier qui chante un classique des Vulgaires Machins...On salue l'audace, mais reste que le malaise fut bel et bien palpable. Un autre sketch en partie râpé.
Belle idée d'avoir incorporé l'histoire de Julie Couillard à celle entourant la controverse autour de la «vraie histoire» de la série «Les Lavigueur». Véro a encore une fois étalé tout son talent de comédienne, et c'est Patrice L'Écuyer qui s'est déguisé en Maxime Bernier pour les besoins du numéro. Bon coup que d'avoir ramené le bum Johnny des «Lavigueur», celui-ci s'étant amouraché la belle Julie. Disons que le couple Bernier-Couillard a passé au «cash» efficacement, comme on dit.
Après avoir vu les Lost Fingers interpréter «La dame en bleu» avec le vrai Michel Louvain (ce dernier fêtait ses 50 ans de carrière en 2008), on a pu voir une parodie de la fameuse pub des restaurants St-Hubert, lorsque Dan Bigras donnait son repas à un itinérant. Cette fois-ci, le beau Dan (encore L'Écuyer) remet son lunch à nul autre que Chantal Lacroix (très drôle Véro), éclopée de TQS, devenue itinérante après les déboires financiers de son ancien diffuseur. Un moment très réussi, et drôle.
Excellent segment sur les Jeux olympiques de Pékin, particulièrement l'imitation qu'a fait Patrice Bélanger de l'animateur de «La Zone olympique» Michel Villeneuve. Sans compter Guillaume Lemay-Thivierge, qui interprétait un nageur olympique canadien sous-financé. Assurément le meilleur moment de la soirée.
Autre moment raté, celui du palmarès des quatre chansons québécoises de l'année. Un sketch qui sentait un peu trop la «Gammick Internationale» dans sa facture. Belle mention à Joël Legendre pour son interprétation de Ginette Reno.
Peu avant le coup de minuit, le Cirque Éloïze, accompagné par la voix d'Annie Villeneuve, nous a offert un beau numéro certes, mais relativement peu pertinent, celui-ci passant relativement mal à l'écran. Parsemés de petites capsules pré-enregistrées sur fond de messages d'espoir à caractère social pour 2009, le numéro s'est avéré trop long et peu émouvant. Autre ratage.
Pierre Lapointe est venu casser la baraque peu après minuit, laissant ainsi le champ libre pour «Occupation Trip», un sketch qui s'est moqué de la coalition fédérale à la Colline parlementaire sur fond de téléréalité. Brouillon, mais quand même drôle.
Retour du «Gros cave» en conclusion de programme, encore plus mordant qu'en début d'émission. Dommage que la parodie des audiences des frères Rémillard (joués par les Grandes Gueules) soit aussi ratée, sans parler de la pub du jeu de société «Cranium», avec Céline, René, et un Alex Perron enfilant maladroitement les habits de Denise Bombardier. Un numéro bête à pleurer et complètement loupé, sûrement le pire segment de ce «Bye Bye 2008».
Au final, on se retrouve donc devant un Bye Bye certes moins impressionnant que les deux concoctés par RBO, qui disposaient vraisemblablement de moyens beaucoup plus importants que le tandem Cloutier-Morissette. Malgré l'honnêteté de l'entreprise (et plusieurs numéros ratés), le produit final demeure somme tout satisfaisant. Peut-être que la barre était tout simplement trop haute ?
En reprise ce soir à 20h, sur les ondes de Radio-Canada.
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