14 mai 2008 - 14:28 Nouvelles Cinéma

Le Festival de Cannes s’ouvre avec la projection en compétition de «Blindness»

par Showbizz.net


Par Pierre-Yves Roger.

Aveuglant. Le 61e Festival de Cannes s’est ouvert mercredi avec la projection en compétition de « Blindness », du cinéaste brésilien Fernando Meirelles, un film d’anticipation original emmené par Julianne Moore, Gael Garcia Bernal, Mark Ruffalo et Danny Glover, qui traite d’une épidémie de « cécité blanche » dégénérant en une explosion de violence. Le film est une coproduction du Canada, du Japon et du Brésil, et le scénario a été écrit par l’acteur et réalisateur torontois Don McKellar.

L’histoire commence au beau milieu d’une ville, quand un homme s’arrête brusquement sur un boulevard, parce qu’il ne voit plus qu’un écran blanc devant lui. Les personnes qu’il rencontre, une à une, sont gagnées par le même phénomène et se retrouvent soudainement aveugles. Les victimes sont placées en quarantaine dans un hôpital désaffecté, alors que la panique gagne toute la population, aucun remède ne semblant pouvoir arrêter la contagion.

La femme d’un médecin affecté (Julianne Moore) est curieusement la seule à ne pas être contaminée. Elle reste à ses côtés dans l’hôpital et tente d’y organiser la vie quotidienne, aucun autre « voyant » ne se risquant à approcher les victimes. Mais l’anarchie finit par s’installer dans l’établissement et les tensions déclenchent des violences destructrices.

Réalisateur de « La Cité de Dieu » et « The Constant Gardener », Fernando Meirelles s’est inspiré cette fois du roman « L’Aveuglement », du Portugais José Saramago, prix Nobel de littérature en 1998. « Blindness » plonge le spectateur dans un univers où l’on suit les différents protagonistes dont le comportement évolue en fonction des circonstances douloureuses.

En se basant sur un scénario solide, tout en paraissant invraisemblable, le cinéaste n’hésite pas à avoir recours à des écrans blancs (ce que voient les victimes), écrans noirs et visions floutées, où l’on passe de la position de non-voyant à voyant. Il analyse aussi de manière assez réaliste les relations que peuvent entretenir les membres d’une microsociété à la dérive.

Premier film parmi les 22 en compétition, cette histoire étonnante a recueilli quelques applaudissements lors de la projection de presse dans la matinée, avant sa présentation en soirée dans la grande salle du Palais des festivals, après la cérémonie d’ouverture présentée par l’acteur français Edouard Baer, et la première montée des marches sous les flashes des photographes.

La journée a également été marquée par la conférence de presse du jury du festival, présidé par Sean Penn. L’occasion pour l’acteur-réalisateur américain de montrer quelques facettes de sa personnalité, son engagement politique et son humour. Se disant frustré de ne pas pouvoir fumer comme il l’entend pendant la manifestation, il a fini, bravant l’interdiction, par allumer une cigarette avec deux autres membres du jury: l’actrice française Jeanne Balibar et l’auteure-réalisatrice iranienne Marjane Satrapi (« Persépolis »).

Interrogé sur la politique aux Etats-Unis, il n’a pas hésité à critiquer une nouvelle fois George W. Bush sur la guerre en Irak, se montrant en revanche intéressé par le démocrate Barack Obama. « A mon avis, c’est l’élection la plus importante que j’ai connue, peut-être de notre histoire », a-t-il lancé.

L’actrice israélo-américaine Natalie Portman s’est aussi dite « passionnée » par cette élection, en rendant par ailleurs un vibrant hommage au festival, « le summum du cinéma ».

Concernant la compétition, Sean Penn a estimé que ça n’en était « pas tellement » une, assurant qu’ »il y aura un consensus ». Pour les films qui ne seront pas récompensés, il a observé que le seul fait d’être présenté à Cannes était « formidable » et donnait « un petit coup de pouce » à certains longs métrages.

Ce jeudi, pour la deuxième journée du festival, deux nouveaux films seront en compétition: « Leonora », de l’Argentin Pablo Trapero (avec la chanteuse Elli Medeiros), l’histoire d’une jeune femme accusée de meurtre qui se bat pour élever son enfant en prison, et « Waltz with Bashir » (« Valse avec Bashir »), de l’Israélien Ari Folman, un documentaire d’animation évoquant l’expérience d’un militaire israélien impliqué dans des massacres de Palestiniens au Liban.

« Kung Fu Panda », de Mark Osborne et John Stevenson (USA), le nouveau film d’animation des studios DreamWorks, sera présenté hors compétition.



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