

Trésors amers.
Sur la pièce Paint A Vulgar Picture, tirée du dernier album de The Smiths paru en 1987, Morrissey chante : « At the record company meeting / On their hands, a dead star / And ooh, the plans that they weave / And ooh, the sickening greed ». En gros, Morrissey dénonçait la cupidité des compagnies de disques qui exploitent à fond le décès de l’un de ses artistes. Presque 25 ans plus tard, rien n’a changé. Décédée le 23 juillet dernier à l’âge de 27 ans seulement, Amy Winehouse repose en paix depuis à peine quatre mois et demi que Universal lance déjà (et juste à temps pour les fêtes…) Lioness: Hidden Treasures, une compilation de douze inédits, reprises et nouvelles versions des compos de la chanteuse à l’imposant chignon.
Il est vrai que les fans n’ont rien eu à se mettre sous la dent depuis 2006, année de parution du deuxième et dernier disque d’Amy, le célèbre Back To Black. Ainsi, ils se jetteront probablement avidement sur Lioness. Malgré ce duo plutôt étrange avec le rappeur Nas. Malgré cette reprise «jazz vocal» très irritante de The Girl From Ipanema, une pièce usée à la corde tant elle a été diffusée partout. Malgré un duo plutôt ronflant avec Tony Bennett, qui est aussi le tout dernier enregistrement de Miss Winehouse. De notre point de vue, ces «trésors cachés» sont plutôt le résultat d’un pressage de citron et non le chant du cygne d’une jeune femme disparue il n’y a même pas six mois. Mais si les fans sont heureux…
Ce concours n'existe pas ou est terminé.