Critique de Melancholia
(v.f. de Melancholia)

Avant de mourir

Note de Showbizz.net
Image:Avant de mourir
Note des usagers
Image:Avant de mourir
(sur 2 votes)
Et vous, quel est votre opinion ?

Lars von Trier n’a pas perdu son savoir-faire avec «Melancholia», une oeuvre hypnotique et visuellement éblouissante sur la fin du monde. Derrière ses quelques imperfections se cache du grand cinéma dont quelques scènes marqueront au fer blanc les cinéphiles.

Oublions le scandale de Cannes. Contrairement à la plupart des opus de son auteur, «Melancholia» ne recèle aucune réelle polémique. C’est plutôt la fin des temps qui est offerte en pâture par l’entremise d’une famille dysfonctionnelle qui est réunie pour le mariage de Justine (Kirsten Dunst).

En pleine dépression, Lars von Trier s’est attelé à deux projets jumeaux : le magnifique mais mésestimé cauchemar horrifique «Antichrist» où il détruisait littéralement un couple, et le plus posé «Melancholia» qui signe cette fois la fin de la Terre. Une continuité qui prend l’apparence d’une nature morte, une mélancolie d’un romantisme presque gothique qui s’affirme dans la première partie. Celle où la famille tordue rappelle que l’être humain ne mérite pas nécessairement sa place sur la planète et qu’il court à sa perte. Une introduction volontairement lente, un peu longuette et très symbolique, qui est dominée par une Kirsten Dunst qui n’aura jamais paru aussi vulnérable et déchirante. Une prestation forte qui lui a valu un prix d’interprétation à Cannes.

C’est pourtant le second et dernier segment qui est le plus intéressant. Cette attente contemplative d’une destruction imminente, d’un mélange de doutes et d’espoir, des signes avant-coureurs que quelque chose ne va pas. Une quête de bonheur dans un océan nihiliste qui agit comme un baume sur une plaie. Une section beaucoup moins chargée mais plus éclatante, qui laisse davantage de latitude à la soeur de l’héroïne (défendue brillamment par Charlotte Gainsbourg) et à son mari (très solide Kiefer Sutherland).

Débutant et se concluant sur de superbes prologues et épilogues stylisés à souhait, ponctués de ralentis et de déflagrations dantesques de Wagner, le cinéaste en met plein la vue avec ses plans soignés, à la fois plastiques ou habités d’une réminiscence du Dogme, n’évitant pourtant pas ses quelques tics habituels. Il aime parfois trop se regarder filmer, un maniérisme qui peut être accompagné de lourds hommages ou emprunts, notamment à Andreï Tarkovski («Le sacrifice», «Solaris»). D’autres comparaisons, fortuites celles-là, se dressent avec «The Tree of Life» de Terrence Malick, principalement en lever de rideau et dans la façon de dresser des parallèles entre l’importance de la famille et de la vie.

Se positionnant tout juste derrière ses plus grandes fresques (qui comprennent «Dancer in the Dark», «Breaking the Waves», «Europa» et «Dogville»), «Melancholia» est le parfait complément au plus ténébreux «Antichrist», une dualité qui se répercute dans presque tous les plans (la relation entre les soeurs, entre la lumière et la noirceur, entre les deux actes, etc.) et qui prouve que Lars von Trier est capable de se réinventer. Une autre très belle vision de la fin du monde, à insérer entre le somptueux chef-d’oeuvre «The Turin Horse» de Béla Tarr et l’intrigant «Take Shelter» de Jeff Nichols.

par Martin Gignac


Authentifiez-vous pour commenter :



Cliquez ici pour vous enregistrer.



Suivez SHOWBIZZ





Concours

    Désolé

    Ce concours n'existe pas ou est terminé.


tous les concours


aussi dans notre famille