Critique de Le rite
(v.f. de The Rite)

Avoir la foi

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L’exorcisme se porte bien avec la sortie d’un second film en moins d’une année sur cette pratique occulte. Sans être aussi intéressant que «The Last Exorcism», «The Rite» tire bien son épingle du jeu.

Le Père Lucas Trevant (Anthony Hopkins) est un exorciste qui apprend les rudiments du métier à l’apprenti prêtre Michael (Colin O’Donoghue) qui ignore encore si le Bien et le Mal existent. Après quelques rituels réussis, le comportement du mentor commence à changer du tout au tout. Est-ce que le Vilain se serait emparé de lui?

Anthony Hopkins a toujours aimé se transformer, jouer l’homme ordinaire avant de se métamorphoser quelques secondes plus tard en véritable Lucifer. Depuis son illustre «The Silence of the Lambs», il a souvent incarné des dérivés de ce personnage, notamment dans des suites peu inspirées, le banal «Instinct» et l’affligeant «The Wolfman». Le voici de retour en relativement bonne forme, s’efforçant de ne pas trop verser dans les mimiques d’usage. Comme d’habitude il éclipse ses partenaires de jeu (le jeune Colin O’Donoghue qui se débrouille très bien et la pétillante Alice Braga qui campe une journaliste en herbe) et ce, même s’il attend à la toute fin avant de verser dans la démesure.

Ces interprètes sont bien servis par la mise en scène de Mikael HÃ¥fström. Plus encore que dans ses précédents et décevants «Derailed» et «1408», le cinéaste suédois prend méticuleusement soin de son ambiance. Cette atmosphère tendue, particulièrement frissonnante, tranche avec les grands moments de tension qui ne sont, ironiquement, pas aussi efficaces. Ainsi tous les petits riens du quotidien des héros piquent la curiosité, alors que les séances d’exorcisme déçoivent légèrement, étant toujours à un doigt de sombrer dans le ridicule. Ce qui arrive malheureusement lors de l’affrontement final qui ne convainc pas toujours avec ses effets spéciaux inégaux.

Là où le réalisateur Daniel Stamm bluffait complètement son spectateur sur le surprenant «The Last Exorcism» en superposant la fiction à la simili réalité, le créateur du remarqué «Evil» cherche à convaincre tout le monde que son récit s’inspire de faits authentiques. Mais en vain, l’effort ne fonctionnant qu’à moitié. À l’image de cette histoire qui débute en force avant de devenir moralisatrice avant la tombée du générique. Au sein de cette démonstration haletante mais un peu bâclée il y a cet éternel combat intérieur qui afflige l’Homme, devant choisir entre sa part d’ombre et de lumière. Mais qui pourra, en cas de besoin, être ramené à l’ordre par une force supérieure, un futur membre du clergé justement…

À une époque où la quête de sensations fortes se fait parfois au détriment du reste, il est bien de noter que «The Rite» n’abuse pas trop des effets chocs gratuits. Dommage que plus le long métrage avance et plus l’intérêt s’estompe, car la première heure en scotchera plus d’un.

par Martin Gignac


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