Critique de Monde infernal: L'éveil
(v.f. de Underworld: Awakening)

Encore un de trop

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La guerre entre les vampires et les lycans ne finira donc jamais? Elle continue à être redondante dans «Underworld – Awakening», un quatrième volet qui n’amène absolument rien de nouveau à cette populaire licence.

Dorénavant, les humains connaissent l’existence de ces deux éternels rivaux et ils cherchent à en profiter. Ils ont même capturé la pauvre Selene (Kate Beckinsale) pour la congeler et mener des tests à son insu. À son réveil, celle qui boit du sang au petit déjeuner n’est pas de bonne humeur et elle le fait savoir en enlevant la vie à quiconque se dresse sur son chemin. Sa route croisera celle d’Eve (India Eisley) qui est peut-être la clé à un allégement des tensions entre vampires, lycans et humains.

Si le précédent tome «Rise of the Lycans» était un antépisode aux deux premiers volumes, «Awakening» cherche à débuter une nouvelle trilogie. Ce qui s’est déjà passé est résumé en moins de cinq minutes au tout début et cette suite qui prend de grandes libertés avec les actions antérieures. Il n’est pas ici question de créer une nouvelle mythologie ou même une alternative viable à «Twilight», mais d’en mettre tout bonnement plein la vue.

Du début à la fin, les poursuites et les combats se succèdent à l’écran. Peu importe l’overdose d’hémoglobine et d’affrontements, tout ce qui compte est l’atmosphère simili gothique et les jeux de lumière à faire peur les épileptiques. On se retrouve rapidement devant un gros jeu vidéo qui s’assume complètement dans sa barbarie, ses répétitions et son manque flagrant d’ambition. Ce n’est pas très divertissant, mais les fans de la première risquent peut-être de trouver leur compte. Et qui sait, à force de voir le prétendant de l’héroïne se battre avec un fouet, peut-être que cela va donner le goût à quelqu’un d’adapter «Castlevania» au cinéma.

La mise en scène syncopée de Mans Marlind et de Bjorn Stein (à qui l’on doit le quelconque «Shelter») fait dans l’esbroufe. Le scénario n’a aucun sens et hormis Kate Beckinsale et Stephen Rea qui incarne un scientifique tordu, la performance des autres comédiens demeure extrêmement limitée. Avec tout ce brouhaha vide de sens, même recourir à la luxueuse et dispendieuse technologie UltraAVX en 3D s’avère vain tant ce long métrage échappe à toute logique, existant seulement pour satisfaire la soif de sang de ses admirateurs.

Au fil où vont les choses, peut-être assisterons-nous bientôt à une fusion entre l’univers de «Underworld» et celui de «Resident Evil». Ce serait pourtant mieux que toutes ces suites interchangeables qui se suivent et qui se ressemblent beaucoup. À force d’étirer la sauce, celle-ci perd complètement de sa saveur. Surtout qu’elle n’était déjà pas très digeste au tout début.

par Martin Gignac


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