Critique de Loin des yeux
(v.f. de Going the Distance)

Going the Distance ne va pas loin

Note de Showbizz.net
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Comédie sentimentale qui n’a rien d’autre à offrir que le mignon petit couple formé de Drew Barrymore et de Justin Long, «Going the Distance» de Nanette Burstein lassera pratiquement n’importe qui avec ses blagues douteuses, hormis les amatrices inconditionnelles du genre. Encore là, rien n’est moins sûr.

Un homme (Justin Long) aime une femme (Drew Barrymore), sauf qu’ils n’habitent pas dans la même ville. Au diable la distance entre New York et Sans Francisco si les flèches de Cupidon font leurs effets. Ils se rendront toutefois compte que de ne pas vivre ensemble, dans le même fuseau horaire, comporte énormément d’inconvénients.

Le film romantique est probablement le genre le plus populaire du cinéma hollywoodien. Il y a toujours une bonne trentaine de productions qui prennent l’affiche chaque année pour ravir une clientèle friande de bons sentiments et de chaleur humaine. Impossible d’y résister, surtout lorsque la sortie se fait en couple. Ces derniers temps, la référence demeure l’exquis «(500) Days of Summer» qui n’a toujours pas pris une ride plus de 12 mois après sa sortie.

C’est justement sur ce modèle qu’est construit «Going the Distance». Dans un univers de bonne musique pop (qui comprend notamment The Cure) naviguent deux âmes un peu perdues qui aspirent à l’amour et au bonheur. Ils le trouvent ensemble, mais le sort et la distance risquent de les séparer. Un simple regard rapide sur la bande-annonce et la magie semble opérer. Même que de loin, la chimie entre l’irrésistible Drew Barrymore et le charmant Justin Long fonctionne à plein régime.

Il ne faut toutefois pas se fier aux apparences. Autant ces deux acteurs vont bien ensemble, autant il n’y a absolument rien pour les entourer. Contrairement au sympathique «The Switch», les personnages périphériques manquent d’attrait, demeurant de simples caricatures ambulantes. Le scénario, qui ne s’aventure guère loin des lieux communs, ne possède pas beaucoup de mordant, alors que les situations s’enlisent dans la répétition et la vulgarité. Surtout que la trop longue durée laisse planer le doute sur au moins quatre fins possibles et inimaginables qui ne semblent jamais vouloir arriver.

Concoctant une fiction pour la première fois depuis ses très bons documentaires («On the Ropes», «The Kid Stays in the Picture», «American Teens», etc.), la talentueuse réalisatrice Nanette Burstein ne peut sauver une histoire capricieuse qui s’égare dans le superflu au lieu de s’intéresser à l’essentiel : faire progresser l’union entre les deux protagonistes au lieu de les montrer dans des scènes inutiles (la session de bronzage?). Sans doute personne ne s’attend que «Going the Distance» révolutionne le genre, mais avec la présence des charismatiques Justin Long et Drew Barrymore dans son générique, l’occasion est ratée de faire rêver aux pouvoirs de l’amour tant la romance y est presque totalement absente.

par Martin Gignac


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