

Mark Wahlberg cherche à sauver sa famille dans «Contraband», un drame d’action qui ne lève qu’à moitié. Lorsque les invraisemblances sont tellement nombreuses qu’elles empêchent de bien suivre l’histoire, il y a quelque chose qui cloche.
Puisque son beau-frère (Caleb Landry Jones) s’est mis à dos un dangereux malfrat (Giovanni Ribisi), Chris (Mark Wahlberg) fera tout pour réparer ses erreurs, s’embarquant même sur un bateau vers Panama pour ramener de la fausse monnaie et peut-être même de la drogue. Il confie la sécurité de sa femme (Kate Beckinsale) et de ses enfants à Sebastian (Ben Foster), son meilleur ami. Tout ne se déroulera cependant pas comme prévu…
Remarqué en 2000 avec la sortie du très sympathique «101 Reykjavik», le réalisateur Baltasar Kormakur s’était fait discret dans la dernière décennie, alternant les efforts potables («The Sea») et les triomphes incontestables («Jar City»). En plus d’être cinéaste, il est également acteur. Il était justement la tête d’affiche d’un suspense islandais qui s’appelle «Reykjavik-Rotterdam» et qui a été refait aux États-Unis, s’appelant maintenant… «Contraband»!
Le metteur en scène n’est pas à son premier film américain (comme en fait foi son très moyen «Inhale») et il a très bien su inscrire ce récit dans une espèce d’américanité lancinante. Les références sont d’ailleurs toutes étasuniennes et elles doivent beaucoup à un certain Michael Mann. Les rares scènes d’action, enlevantes et spectaculaires, sont réglées au quart de tour, au sein d’une réalisation contrôlée et sans fioriture.
Il en va autrement du scénario, ponctué de fils blancs et d’improbabilités majeures, qui respecte toutes les conventions hollywoodiennes possibles et inimaginables. Les quelques touches d’humour n’arrivent pas à sauver le ton d’enterrement de l’ensemble. Surtout que les nombreux thèmes (l’importance de la famille, des amis, la tentation qui apparaît au tournant, etc.) sont traités en surface, laissant espérer ce qu’un James Gray aurait pu faire avec ce portrait de société, où tout le monde est potentiellement corruptible.
L’intrigue ne s’intéresse guère à ses personnages à sens unique. Malgré une distribution étincelante où les fortes gueules masculines s’en donnent à coeur joie (dans le désordre il y a Mark Wahlberg, Ben Foster, Giovanni Ribisi, Lukas Haas, Diego Luna et J.K. Simmons), aucun individu n’affiche plus qu’une émotion. Le Sebastian incarné avec force par Ben Foster sort un peu du lot, séduisant par sa complexité et ses dilemmes moraux. Il est toutefois rapidement rappelé à l’ordre par des enjeux beaucoup plus ternes et attendus, où la véritable vedette est Mark Wahlberg qui ressort son numéro de héros trop gentil et parfait.
Se suivant avec un certain intérêt, étant de loin supérieur à sa banale bande-annonce, «Contraband» arrive pourtant difficilement à divertir complètement. Le long métrage est beaucoup trop mou et inabouti, se contentant de livrer la marchandise au lieu d’étonner, de surprendre outre mesure.
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