

Les spectateurs qui aiment pleurer en allant au cinéma sont mieux de préparer leurs mouchoirs. «Extremely Loud and Incredibly Close» cogne à la porte et cette belle histoire sur la famille, la mort et surtout la vie sait comment émouvoir.
Un garçon (Thomas Horn) qui a perdu son père (Tom Hanks) dans les attentats du 11 septembre 2001 est obsédé par une clé qu’il vient de découvrir. Il ferait n’importe quoi pour savoir ce qu’elle ouvre, même à délaisser sa mère (Sandra Bullock).
Cela n’a pas pris de temps avant que le cinéma américain exorcise les attentats du 11 septembre. Les films sur le sujet ont été nombreux, tentant de décrire les répercussions sur les survivants. C’est dans cette optique que s’inscrit «Extremely Loud and Incredibly Close» qui est une adaptation d’un populaire livre de Jonathan Safran Foer. La souffrance est vécue par un gamin de neuf ans qui associe son père à cette clé. Sa quête l’amène à croiser la route d’une multitude de personnes qui ont décidé de vivre, coûte que coûte.
Ces belles leçons d’existence sont amenées généralement subtilement malgré quelques écarts de conduite. Le récit, à la fois drôle et dramatique, captive malgré de légères baisses de régime et une finale appuyée. Les thèmes happent et bouleversent, au même titre que toutes ces rencontres qui sont effectuées. Les interprètes, excellents dans les rôles secondaires (surtout Max von Sydow, mais également Viola Davis, Jeffrey Wright et John Goodman), sont là pour soutenir Thomas Horn qui s’en sort généralement bien. Dommage que les scènes avec la mère – les plus réussies du film – ne soient pas plus nombreuses. Sandra Bullock est particulièrement habitée par ce personnage, plus que Tom Hanks qui se perd dans ses pitreries.
La structure du récit qui alterne passé et présent demeure limpide, se suivant sans trop de difficulté. La mise en scène parfois trop précieuse et artificielle de Stephen Daldry (à qui l’on doit les supérieurs «The Hours» et «The Reader») ne manque cependant pas de tonus, et l’utilisation de la belle trame sonore d’Alexandre Desplat lui permet d’atteindre le niveau d’émotions voulu. Sans doute qu’il y a une certaine manipulation du public, qui se prêtera volontiers à l’exercice, séduit par les sujets abordés.
Bien qu’il n’exploite pas à fond ses prémices, «Extremely Loud and Incredibly Close» demeure du cinéma de classe, conscient de ce qu’il est et suffisamment intelligent pour éviter les excès. S’il faut parfois laisser son cynisme au vestiaire pour adhérer à cette proposition, ne pas le faire serait de passer à côté d’un long métrage enveloppant qui agit comme un véritable baume sur le coeur.
Ce concours n'existe pas ou est terminé.