

De succès viral à réussite.
Depuis sa désastreuse prestation à Saturday Night Live, on a beaucoup parlé de Lana Del Rey, l’une des stars virales de 2011. Son vrai nom est Elizabeth Grant et elle a commencé sa carrière pop en 2010 avant de se réinventer complètement l’année suivante. Elle se serait fait gonfler les lèvres. Son père est millionnaire. Et elle ne serait autre qu’une poupée préfabriquée par « l’industrie ». Et puis après? Les Beastie Boys sont passés du hardcore au rap sans que personne ne rechigne, et Slipknot est un groupe métal préfabriqué qui compte aujourd’hui des millions de fans. Vous croyez que tous les artistes doivent êtres «vrais»? Madonna et David Bowie ont consacré toute leur vie à s’inventer un personnage et à se réinventer tout court.
Ce qui compte, c’est la musique. Et justement, Born To Die est un très bon album. Outre la magnifique Video Games, on a droit à plusieurs bonnes pièces qui bénéficient d’une production R&B-urban moderne. Beyoncé n’aurait d’ailleurs aucune misère à interpréter Off To The Races. Les paroles sont parfois simplistes, et la voix de Lana (qui, soit dit en passant, coécrit toutes ses chansons) peut irriter par moments, mais cette version gangsta de Nancy Sinatra atteint souvent sa cible. National Anthem et Lolita ne sont que deux exemples parmi bien d’autres. Et zéro reprise sur 15 chansons. Ça fait du bien pour les oreilles.
Born To Die marie le passé et le présent de bien belle façon. Lana Del Rey réussit ainsi son entrée sur disque.
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