

Après ses films de gars, le producteur Judd Apatow est de retour avec leur pendant féminin. Sympathique quoique beaucoup trop long, très comique, mais également superficiel, «Bridesmaids» livre la marchandise. Au moins monsieur voudra accompagner madame, ce qui n’était pas le cas du récent «Something Borrowed».
La dernière décennie a probablement été celle de Judd Apatow. Avec ses nombreuses réalisations et productions, il a amené un vent de fraîcheur à l’amitié masculine. Même si tout n’était pas toujours recommandable (difficile de ne pas préférer «Knocked Up» à «Step Brothers», «Superbad» à «Year One» et «Walk Hard» à «Get Him to the Greek»), son sceau est encore très reconnaissable, suscitant la jalousie de nombreux cinéastes et scénaristes qui cherchent à le copier.
Le voilà derrière ce long métrage qui aborde le thème prédilection du cinéma américain des dernières années : le mariage. En fait, c’est celui de Lillian (Maya Rudolph) qui arrive à grands pas. Un événement extrêmement important que sa bonne copine Annie (Kristen Wiig) voudra souligner puisqu’on lui a confié le mandat de demoiselle d’honneur. Mais une série de mauvaises décisions et de la jalousie mal placée risquent de se retourner contre elle.
Même s’il n’est que producteur, le style Apatow est clairement apparent dans «Bridesmaids». Sauf que maintenant ses personnages sont des femmes. Pour le reste, on retrouve leur franc-parler habituel qui mélange allusions sexuelles et commentaires gras. Cette marque de commerce s’apparente à un couteau à double tranchant. Ses admirateurs et admiratrices seront au rendez-vous pour cette comédie souvent drôle et coquine où de très bonnes comédiennes peu connues (Kristen Wiig de «Saturday Night Live» est hilarante) se lancent la balle avec désinvolture. Leur complicité est indéniable et le rire fuse de partout grâce à leur prestance et à leurs réactions devant des situations aussi folles qu’inattendues.
En contrepartie le spectateur a souvent l’impression d’avoir vu ce film plus d’une fois. Celui où l’amitié sera mise en à dure épreuve et qu’ultimement, il y aura réconciliation. Le mélange d’humour, de tendresse et de drame demeure également primaire. Au lieu d’user d’intelligence comme le faisait Doug Liman sur «Swingers», le réalisateur Paul Feig (le scénariste de la série «Freaks and Geeks») ne s’embrasse pas de subtilité. Il développe ses thèmes au crayon-feutre en oubliant la nuance, effaçant même cette mince ligne qui sépare interprétation fine et caricature.
Parfois interminable (comme toujours chez monsieur «Funny People») et s’égarant dans des séquences volontairement disgracieuses (amateurs de vomi, bonsoir), «Bridesmaids» s’avère tout de même un effort distrayant, inégal, mais tout de même divertissant. Par les temps qui courent, c’est déjà beaucoup. Et ce sera sûrement suffisant en attendant le retour des boys de «The Hangover 2».
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