Critique de Le havre
(v.f. de )

L’humanité avant tout

Note de Showbizz.net
Image:L’humanité avant tout
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Délicieuse comédie dramatique sur le sort des sans-papiers, «Le havre» s’élève au-dessus de la mêlée grâce à la vision unique en son genre du cinéaste Aki Kaurismäki. Une fable ludique qui rappelle que le cinéma est un excellent moyen de changer les choses.

Marcel Marx (André Wilms) vit une existence anonyme de cireur de souliers en compagnie de sa femme et de son chien. Son chemin croise celui d’Irissa (Blondin Miguel), un garçon africain qui séjourne illégalement au Havre en attendant de trouver le moyen d’atteindre la Grande-Bretagne. Cela n’en prend pas plus à l’homme pour aider le nouveau venu, suscitant du coup la suspicion de l’inspecteur Monet (Jean-Pierre Darroussin).

C’est la première fois en près d’une décennie qu’un film d’Aki Kaurismäki est présenté sur les écrans québécois. Il faut remonter aussi loin qu’à l’excellent «L’homme sans passé», omettant du coup «Les lumières du faubourg» qui semble avoir complètement disparu de la carte. Comme toujours chez le réalisateur finlandais qui a influencé son lot de metteurs en scène (et dont sa marque de commerce se retrouve dans le cinéma de Stéphane Lafleur), l’être humain est constamment mis au premier plan. Devant l’absurdité de l’existence, des lois et des situations, il faut être capable d’en rire. Cette bonne humeur presque communicative est omniprésente, se révélant dans les dialogues décalés et les réactions biscornues des personnages.

Un climat de nostalgie ressort de l’ouvrage. Bien que l’action se situe de nos jours, l’ambiance reflète celle de la Seconde Guerre mondiale, entre résistants et collabos. Un sentiment de solidarité découle de ce petit village où tout le monde doit se serrer les coudes et se soutenir. Un peu comme le récent et succulent «Coteau rouge» d’André Forcier, l’union fait la force pour un monde meilleur. Une maxime qui est renforcée par l’accumulation de faits hautement favorables aux héros, transformant presque le long métrage en conte qui permet de rêver mieux.

Réalisé avec finesse et pouvant compter dans ses rangs des comédiens de tout acabit (le pince-sans-rire André Wilms, le plus-que-parfait Jean-Pierre Darroussin, des apparitions éclairs des mythiques Pierre Étaix et Jean-Pierre Léaud qui font écho à ce temps passé qui est malheureusement révolu), «Le havre» est une lente ascension vers le bonheur. Ce dernier ne s’obtient pas instantanément, il mérite un minimum d’investissement de son public, qui sera récompensé par une oeuvre tendre et profondément humaine qui donne le goût de se lever le matin et de croire aux jours meilleurs.

par Martin Gignac


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