

Fans de Metallica, s’abstenir.
Dès que Metallica et Lou Reed ont annoncé qu’ils allaient enregistrer un album ensemble, beaucoup ont sourcillé, et pour cause. Pourquoi cette association? Est-ce vraiment nécessaire? Quel bénéfice les deux partis allaient-ils en tirer? Ensuite, on a su que l’album allait être la «trame sonore» d’une production théâtrale imaginée par Reed et inspirée de deux pièces de théâtre de l’auteur expressionniste allemand Frank Wedekind, pièces qui datent du début du 20e siècle. À cet instant, on savait que ce disque ne s’adresserait pas aux fans de Metallica et qu’il s’adresserait plutôt aux admirateurs de l’ancien chanteur du Velvet Underground.
Lulu comporte donc 10 chansons qui mettent fortement notre tolérance et notre patience à l’épreuve (trois pièces dépassent les 10 minutes, et l’une d’entre elles, la dernière de l’album, atteint presque les 20 minutes!). Reed ne chante pas vraiment, il récite des textes de sa voix chevrotante, et quand il décide de chanter, il le fait très mal (Mistress Dread). Pendant ce temps, Metallica tente désespérément de donner du muscle à l’ensemble. C’est parfois furieux (Pumping Blood) et parfois pesant (Frustration). Mais c’est surtout ridicule et gênant. On dirait que «Loutallica» a enregistré Lulu lors d’une soirée de beuverie! Il n’y a peut-être que Iced Honey qui se rapproche le plus d’une chanson «normale».
Ceci dit, Metallica a au moins plongé dans quelque chose de nouveau et fait preuve d’audace, ce qui ne lui était pas arrivé depuis, quoi, vingt ans? Quant à Reed, qui se moque complètement du mainstream, il peut être fier, puisque c’est la première fois que l’un de ses albums fait autant jaser depuis New York.
Ce concours n'existe pas ou est terminé.