Critique de Cheval de guerre
(v.f. de War Horse)

Mon cheval, ce héros

Note de Showbizz.net
Image:Mon cheval, ce héros
Note des usagers
Image:Mon cheval, ce héros
(sur 2 votes)
Et vous, quel est votre opinion ?

Steven Spielberg propose de passer Noël en famille. Après son trépidant «Tintin», le voilà déjà de retour avec «War Horse» qui raconte l’amitié hors du commun entre un cheval et son maître. Un spectacle grandiloquent et d’une belle naïveté qui saura toucher une corde sensible malgré toutes ses conventions.

Le père d’«Indiana Jones» est-il tombé dans la fontaine de jouvence? Un peu comme Martin Scorsese avec «Hugo», le créateur de «E.T.» retourne en l’enfance en adaptant un livre – qui est ensuite devenu une pièce de théâtre – qui s’adresse d’abord et avant tout à un jeune public. Celui qui aime les animaux et surtout les chevaux. En particulier un équidé nommé Joey qui est séparé de son jeune maître Albert (Jeremy Irvine) peu avant la Première Guerre mondiale et qui fera tout pour le retrouver, transformant du coup le destin des gens sur son chemin.

Un charme suranné plane sur cette luxueuse production à la direction artistique impeccable et à la magnifique photographie. Le sentiment de se retrouver devant un vieux long métrage des années 1930 ou 1940 apparaît rapidement. Sans nécessairement verser dans la nostalgie à outrance, le cinéaste se propose de faire une oeuvre à l’ancienne, sans trop d’effets spéciaux, dont la première partie ressemble aux vieux téléfilms de Walt Disney. C’est l’amitié entre un adolescent et son ami le cheval qui prend toute la place, de son acquisition à son entraînement jusqu’à sa tragique séparation.

Le récit bifurque par la suite de la Grande-Bretagne vers le territoire français, face à l’invasion allemande. Peu importe les gens en place, tout le monde parle anglais, ce qui pourrait mélanger un jeune spectateur, à savoir qui sont les bons et les méchants. Notre héros à quatre pattes se retrouve plus souvent qu’autrement sur le champ de bataille et sa façon de changer de propriétaires, entre alliés et ennemis (de toute façon, les chevaux ne connaissent pas le mal), rappelle «Le violon rouge» de François Girard, et ultimement «Joyeux Noël» de Christian Carion.

La bande-annonce annonce parfaitement les couleurs. L’effort est parfois pompeux, beaucoup trop long et appuyé, se faisant souvent enterrer par la belle musique de John Williams. Il s’agit d’un mélodrame en bonne et due forme, peu transcendant mais toujours honnête. Spielberg embrasse le thème de la liberté et de la non-violence sans son cynisme des dernières années, montrant les possibilités de l’être humain par son sujet, qui grandit et se bat en gardant la tête haute, en espérant constamment. Une leçon de courage édifiante et inspirée, qui finit par rendre les yeux tristes et qui risque de plaire à un jeune spectateur. Oui, bien sûr, la violence n’est pas épargnée, sauf qu’elle est loin d’être aussi graphique que dans «Saving Private Ryan».

Au sein de comédiens qui s’acquittent honorablement de leur tâche (il est toujours drôle de voir le grand Niels Arestrup dans la langue de Shakespeare), c’est bien entendu le cheval qui vole la vedette. Il aurait même été souhaitable de le voir davantage parce qu’il est le principal vecteur de l’émotion, laissant tout le monde au plancher des vaches. En voilà un qui n’aura aucune difficulté à éclipser les Flicka et Black Beauty dans le coeur des petits.

Plus près d’un «Amistad» que d’un «Munich», «War Horse» est une tentative comme une autre pour raccrocher les enfants à l’Histoire. Ce n’est certainement pas un grand Spielberg (qui explore toujours sa traditionnelle relation père-fils) et un public cynique risque de décrocher avant la fin, mais l’essai cache néanmoins plusieurs scènes fortes et significatives.

par Martin Gignac


Authentifiez-vous pour commenter :



Cliquez ici pour vous enregistrer.



Suivez SHOWBIZZ





Concours

    Désolé

    Ce concours n'existe pas ou est terminé.


tous les concours


aussi dans notre famille