

Présélection de la France lors de la prochaine cérémonie des Oscars, «La guerre est déclarée» est un petit bijou de film, qui fait rire et pleurer tout à la fois. À voir en famille, seul ou lors d’un rendez-vous amoureux.
Que faire lorsque son enfant est atteint d’une grave tumeur? Se battre et résister. C’est ce que décide de faire un couple d’amoureux (Valérie Donzelli, Jérémie Elkaïm) en tentant de garder le moral au quotidien.
S’inspirant très librement de la maladie de leur fils, le scénario écrit par Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm aurait facilement pu être un mélo larmoyant, assommant et manipulateur. Au contraire, un sentiment de doux bonheur et de fragilité se dégage des nombreux drames, une nécessité afin que les personnages – et le spectateur – puissent tenir la route jusqu’à la fin. Face à l’adversité, il faut se serrer les coudes, une leçon d’espoir qui est proposée subtilement à l’aide de situations cocasses et légères qui ne font pourtant jamais d’ombre à tout ce qui arrive, faisant pleurer comme un veau bien avant la fin. Le sujet n’a finalement peu d’importance, tout ce qui compte est le traitement, qui est ici d’une douceur inouïe, amené avec beaucoup d’intelligence et de sensibilité. Le tout se répercute chez le jeu des comédiens, touchant et enveloppant à souhait.
La mise en scène est également à cheval entre deux genres. La réalisatrice Valérie Donzelli adore la Nouvelle Vague et elle le prouve à nouveau, empruntant quelques-uns de ses motifs (par l’utilisation d’une narration, les zooms, cette façon de chanter ses sentiments) comme elle le faisait sur son précédent «La reine des pommes». Elle va cette fois beaucoup plus loin, mélangeant ce style vieillot et rigolo à des choix esthétiques plus contemporains, autant au niveau du montage que des pièces musicales. De ce côté, les mélodies fonctionnent parfaitement avec ce qui apparaît à l’écran (le résultat est à mille lieues de «Café de flore»), notamment lors de ralentis qui laissent béat.
Malgré un rythme qui se relâche quelque peu dans la dernière ligne droite et une finale un tantinet trop explicative, «La guerre est déclarée» est un véritable bonheur, un baume sur les plaies qui fait encore plus de bien que «50/50» et «Restless». Le genre de très bon film populaire, accessible et enchanteur, que l’on retrouve dans le cinéma français (comme «The Artist» qui sera bientôt sur les écrans de la Belle Province) mais si peu au Québec.
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