Critique de Le diable en moi
(v.f. de The Devil Inside)

Quelle horreur!

Note de Showbizz.net
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Et vous, quel est votre opinion ?

Est-ce qu’il y a une pire façon de commencer l’année qu’avec un film tellement mauvais que les gens le huaient à la toute fin? Il faudra se souvenir de «The Devil Inside», parce qu’il se retrouvera certainement dans notre palmarès des pires navets cinématographiques de 2012.

Maman (Suzan Crowley) est possédée par le démon et sa fille Isabelle (Fernanda Andrade) fait tout pour l’aider. Elle va même jusqu’à recruter des exorcistes. Mais que peut-on faire face au mal qui s’amuse à terroriser quiconque se dresse sur son passage?

La mode est au film sur les exorcismes. Ces dernières années seulement, «The Rite», «[REC] 2», «Season of the Witch» et «Paramormal Activity 3» se sont succédé au tournant. C’est au tour de «The Devil Inside» de débarquer sur les écrans en réempruntant une formule usée jusqu’à la moelle : celle de la caméra mystérieusement retrouvée. Ce qui faisait la joie de «Cannibal Holocaust», «Blair Witch Project» et autres «TrollHunter» prend ici des proportions ridicules alors que l’héroïne est souvent filmée par plusieurs caméras en même temps! Cette multiplication des points de vue permet d’offrir un montage plus souple, sauf que l’ensemble devient rapidement incohérent. Qui voudrait se faire filmer presque quotidiennement par deux ou trois caméras qui peuvent aller partout, autant dans un hôpital psychiatrique qu’au sein des membres d’un club très sélect?

Ce détail est pourtant mineur face à ce qui suit. Les 60 premières minutes (sur à peine 80, avec cette finale en queue de poisson à faire hurler), ennuyantes au possible (comme si Uwe Boll se prenait pour Béla Tarr), ne sont là que pour mettre la table à une conclusion tirée par les cheveux, dont le mérite est d’extirper le spectateur de sa torpeur avec ses effets sonores dans le tapis. L’interminable introduction ne propose aucun discours intelligible, ne développe aucun personnage et encore moins une atmosphère de tension, de suffocation. Les scènes horrifiantes surviennent dans l’indifférence généralisée et le ton se prend tellement au sérieux qu’il est rare de réellement rire de l’imbécillité des situations. On rajoute à cela une interprétation exécrable et une mise en scène inutilement appuyée et on se retrouve avec un véritable cauchemar, mais pas celui proposé dans le synopsis.

La popularité du classique «The Exorcist» dans les années 1970 a engendré son lot de suites et de dérivés inutiles. À tel point que le genre a été longtemps boudé, par respect pour l’original. Alors qu’une boîte de Pandore a été ouverte à nouveau, «The Devil Inside» ne semble rien avoir retenu du passé. Au contraire, le long métrage saute à pieds joints dans cette médiocre relecture du mésestimé «The Last Exorcism». Sauf que ce surprenant essai de 2010 pouvait compter sur des interprètes convaincants, un scénario intelligent et une finale qui vous laissait pantois. Tant d’éléments qui font défaut à cette production en tout point risible.

par Martin Gignac


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  • jean-pascalbeausoleil a dit le 7 janvier 2012 Signaler ce commentaire

    Aurais tu aimé mieux un Fin Paisible hollywoodienne !!!
    PFFF le film est assez ordinaire mais la fin à des couilles…

  • Martin Gignac a dit le 9 janvier 2012 Signaler ce commentaire

    Bonjour,

    J’adore les fins tordues qui sortent de l’ordinaire. Par exemple, la finale de Caché de Michael Haneke est une des plus belles conclusions du septième art. Il en va tout autant des derniers instants de Rosemary’s Baby et la version originale de The Wicker Man qui glacent le sang. Ou même de The Blair Witch, The Last Exorcism et Insidious qui laissent une très forte impression.

    Ce n’est malheureusement pas le cas de la fin de The Devil Inside qui est ratée, qui se termine en queue de poisson. Comme si le réalisateur (ou le scénariste) s’était dit, rendu-là «je n’ai plus d’idées» ou encore «je n’ai plus de budget», alors je vais arrêter mon film là. Ce qui valide d’autant plus le résumé sur Rotten Tomatoes: «The Devil Inside is a cheap, choppy unscary mess, featuring one of the worst endings in recent memory.»

    Dans ce cas-là, ironiquement, une fin paisible hollywoodienne aurait difficilement pu être pire (à moins du légendaire classique «ce n’était qu’un rêve», une des pires façons de terminer un film).

    Martin Gignac


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