Critique de La prime
(v.f. de One for the Money)

Qui va à la chasse…

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Une actrice aussi jolie que talentueuse peut-elle sauver un film de l’échec? Peut-être. L’exception qui confirme la règle n’est cependant pas «One for the Money» qui sabote la performance ensoleillée de Katherine Heigl.

Afin de se faire un peu d’argent, une femme (Katherine Heigl) devient chasseuse de prime. Elle a comme mission de coffrer un ancien policier accusé d’un crime grave contre qui elle a une dent depuis longtemps. Le retrouver n’est pas si difficile… mais que faire s’il est innocent?

Il est difficile de ne pas aimer Katherine Heigl. Surtout depuis les succès mérités de «Knocked Up» et de la série «Grey’s Anatomy». Peu importe ses choix douteux («New Year’s Eve», «Life as We Know It», «Killers», «27 Dresses», etc.), la comédienne apporte toujours beaucoup d’énergie à ses personnages. Ses longs métrages peuvent être franchement ordinaires, ce n’est jamais de sa faute. L’histoire se répète avec «One for the Money», une adaptation du livre à succès de Janet Evanovich. L’interprète nage comme un poisson dans l’eau dans la peau de cette femme qui aspire au bonheur et qui prend tout avec un grain de sel. C’est grâce à elle que l’on donne une chance au coureur.

Cette raison est pourtant insuffisante pour perdre son temps avec cette production de piètre qualité. Le film ne vole guère plus haut que l’ennuyant «The Bounty Hunter» où Gerard Butler croisait le fer avec Jennifer Aniston. Le suspense n’opère point, les scènes romantiques tombant à l’eau, au même titre que celles familiales. S’il s’agit d’une «comédie», le rire n’est pas très présent, étant parfois remplacé par une omniprésence de mots, autant au niveau de la narration que dans les échanges entre les personnages. Du coup, le rythme en prend pour son rhume. En omettant l’héroïne, les autres comédiens ne sont pas toujours très convaincants, alors que la mise en scène de Julie Ann Robinson (à qui l’on doit le sucré «The Last Song» et quelques épisodes de «Grey’s Anatomy») s’avère terriblement ordinaire. Cela n’affecte heureusement pas trop les honorables choix sonores de Deborah Lurie.

À force d’aller à la chasse et de jouer dans n’importe quoi, Katherine Heigl risque de perdre sa place. Oui, c’est un plaisir de la voir affronter le ridicule des situations sans trop se salir. Mais à la longue, en multipliant des taches comme «One for the Money», les séquelles sur une carrière qui a pris beaucoup d’années à s’établir risquent d’être irréparables.

par Martin Gignac


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