Critique de Hugo
(v.f. de Hugo)

Se souvenir des belles choses

Note de Showbizz.net
Image:Se souvenir des belles choses
Note des usagers
Image:Se souvenir des belles choses
(sur 3 votes)
Et vous, quel est votre opinion ?

Martin Scorsese aime le cinéma. Il le prouve d’ailleurs avec «Hugo», un conte pour toute la famille où il paye un hommage sincère au septième art. Bien que le film impressionne sur le plan visuel, il manque parfois de magie, n’arrivant que trop peu souvent à faire rêver.

Dans un Paris où tout le monde parle anglais réside Hugo (Asa Butterfield), un orphelin de 12 ans. S’étant fait subtiliser son carnet de notes par un vieil homme (Ben Kingsley), il tente de le récupérer en s’attirant les faveurs de sa filleule (Chloë Grace Morentz). C’est là qu’il découvre un univers magique qui permet de rêver mieux : le cinéma.

Un peu comme Roman Polanski avec «Oliver Twist», Martin Scorsese s’est donné le défi de raconter une histoire toute simple qui s’adresse aux enfants qui existent toujours dans le corps des adultes. Il tâte donc les souvenirs, la nostalgie d’un temps révolu, superposant l’enfance aux premiers balbutiements du septième art, à une époque où tout semblait mieux, sans conséquence. Il s’agit d’une fable qui cherche à émouvoir et à en mettre plein la vue, tout en éduquant sur les vertus des fondements du cinéma. Un mandat ambitieux qui n’est pas nécessairement au point.

Il est vrai que le long métrage est une merveille cinématographique, du moins sur le plan esthétique et technique. La direction artistique y est impeccable, toute l’utilisation des effets spéciaux et la belle musique d’Howard Shore. Le rendu en trois dimensions est probablement un des plus grandioses jamais utilisés, battant haut la main «Avatar», seulement sur le plan de l’ingéniosité et de l’élaboration des différentes couches de profondeur. Il est difficile d’imaginer le tout en 2D tant cela ne ferait presque plus aucun sens.

L’histoire qui est adaptée d’un livre de Brian Selznick n’est cependant pas aussi riche. La première partie traîne en longueur et les nombreuses répétitions sont plombées par un rythme qui est rarement au point. On sent que Scorsese s’amuse à ploguer le maximum d’emprunts, d’hommages et de clins d’oeil, qui vont de Dickens à Tati, en passant par Méliès. Une avalanche de références qui cachent parfois des trous sur le plan du scénario, développant au passage peu les personnages. Ces derniers sont campés par de très bons comédiens (Ben Kingsley, Sacha Baron Cohen, Ray Winstone, Emily Mortimer, Christopher Lee, Jude Law), mais deux gamins (Chloë Grace Morentz et surtout Asa Butterfield) qui ne semblent pas toujours investis du projet. Du coup, l’attachement se fait beaucoup plus difficilement.

Ayant dans ses mains une riche matière première, le cinéaste l’utilise à bon escient, surtout dans sa deuxième moitié. Cela donne les seuls véritables moments de magie, de féerie et d’émotions, lorsque les légendes d’hier ressortent de l’écran. Les frissons sont nombreux et mérités. Le reste du temps, le sentiment de se retrouver devant un cours didactique sur le septième art se fait beaucoup trop ressentir. À ce chapitre, pourquoi ne pas avoir utilisé la voix/voie du documentaire?

Rappelant les supérieurs «The Artist» et «Midnight in Paris» dans son obsession mélancolique de ne pas oublier les temps passés, «Hugo» aurait pu être un classique ou un chef-d’oeuvre s’il avait pu s’inspirer de son sujet au lieu de simplement le recréer de façon appliquée, mais sans génie. Mais comme le tout est si beau à voir, ce sera plus facile de passe outre ses failles et ses belles promesses jamais réalisées.

par Martin Gignac


Authentifiez-vous pour commenter :



Cliquez ici pour vous enregistrer.



Suivez SHOWBIZZ





Concours

    Désolé

    Ce concours n'existe pas ou est terminé.


tous les concours


aussi dans notre famille