Critique de Le dernier exorcisme
(v.f. de The Last Exorcism)

Un exorcisme bien différent

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Et vous, quel est votre opinion ?

À l’instar de «The Blair Witch Project», «The Last Exorcism» détourne l’horreur, la rendant plus psychologique et terrifiante qu’une série de meurtres gratuits. Les amants de l’hémoglobine seront déçus de cette production qui accumule peu de vrais frissons, mais les autres seront surpris par son étonnant traitement social et humain.

Le révérend Cotton Marcus (Patrick Fabian) est désillusionné envers sa foi, avouant qu’il ne pratique les exorcistes qu’afin de ramasser un peu d’argent. Alors qu’il est filmé par une équipe pour un documentaire quelconque, le père de famille est dépêché chez les Sweetzer pour expurger le démon hors du corps de l’adolescente Nell (Ashley Bell).

Instauré par «Cannibal Holocaust» et re-popularisé par «The Blair Witch Project», le faux documentaire a de plus en plus la cote, comme en fait foi le grand succès public de «Paranormal Activity» l’année dernière. Ce procédé est à nouveau utilisé ici, s’inspirant grandement du très surprenant «(REC)». Le protagoniste apparaît donc à l’écran, levant le jour sur son métier, racontant comment il peut berner les gens avant quelques trucs de passe-passe. Son discours, raisonné, et les nombreuses situations qui s’en suivent amènent un humour insoupçonné à ce type de sujet.

Surtout que l’interprétation y est plus que satisfaisante. Tous les personnages sont criants de vérité, à commencer par Patrick Fabian qui campe à la perfection un charlatan au cÅ“ur d’or. C’est lui qui transporte le long métrage, recourant à son charisme naturel et à quelques répliques fortes en bouche pour maintenir l’intérêt. Il est entouré de bons comédiens peu connus, particulièrement Ashley Bell qui matérialise d’une étonnante façon l’ange et le démon.

Les amateurs du genre devront toutefois bien se renseigner avant de dépenser leur argent. Il ne s’y passe presque rien et les moments de tension laissent la place à l’imagination au lieu de tout dévoiler. Le sang se fait rare, la trames sonore ne fait pas sursauter pour rien et il n’y a pas un méchant qui apparaît toutes les dix minutes pour massacrer les gentils.

Le scénario d’Andrew Gurland et de Huck Botko est beaucoup plus intelligent, privilégiant le réel au détriment du surnaturel, rappelant qu’un traumatisme est généralement commis par l’homme et non par une entité indistincte. À ce chapitre, le soin apporté aux détails est plus qu’appréciable, dont cette façon de décrire la pauvreté en Louisiane et de rappeler les onéreux coûts de santé aux États-unis qui font souvent volatiliser le bon vieux rêve américain.

La conclusion, qui tranche un peu avec la tendance du récit, s’apparente à celle du mythique «Rosemary’s Baby». Le héros cartésien (qui personnifie le public) a beau toujours avoir écouté sa logique, il advient que celle-ci prend le bord. Ce qui s’ensuit, sans réellement surprendre, apporte une autre dimension à l’ouvrage, ce qui ne sabote en rien le travail effectué jusque-là par le réalisateur Daniel Stamn.

Difficile de déterminer avec exactitude si l’essai trouvera son public. La bande-annonce trompeuse semble s’adresser aux adeptes de «Saw», alors que la progression y est nettement plus subtile et soignée. Hors est-ce que la vraie clientèle cible passera outre la douteuse affiche pour découvrir une Å“uvre qui a beaucoup de potentiel, mais à condition de lui laisser le temps nécessaire pour s’exprimer ? Rien n’est moins sûr.

par redaction-showbizz.net


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