

Disney joue le jeu de la nostalgie en représentant ses vieux classiques sur les écrans mais cette fois en trois dimensions. Après le triomphe de «The Lion King», la porte est grande ouverte pour que «Beauty and the Beast» connaisse le même sort. Et malgré le côté mercantile du procédé, ce serait totalement mérité.
La 3D a le dos large. On sort un peu n’importe quoi avec cette nouvelle technologie, question d’en mettre plein la vue. En attendant le retour sur les écrans de la totalité des «Star Wars», Disney n’hésite pas à emboîter le pas. Pour faire beaucoup d’argent pendant la saison morte ou pour présenter quelques-uns de leurs grands titres à une nouvelle génération de cinéphiles? Peu importe la raison, leur voûte à trésors est ouverte et ce serait bête de ne pas en profiter.
Cela explique la présence dans un cinéma près de chez vous de «Beauty and the Beast», la première animation à avoir été mise en nomination aux Oscars dans la catégorie du meilleur film. C’était en 1991 et le domaine du dessin animé ne se portait pas aussi bien qu’aujourd’hui. Pourtant, à l’aide de quelques coups de baguette magique, le conte de Jeanne-Marie Leprince était réadapté pour toute la famille avec un résultat qui dépassait l’entendement. La Belle était maintenant une jeune fille vive et intellectuelle qui décidait de sacrifier son avenir pour secourir son père, prisonnier des griffes de la Bête. Peu à peu, une relation de peur, de pitié, d’amitié et d’amour se déployait entre la Belle et la Bête, au grand dam du principal prétendant de madame qui convainc tout le village d’aller exterminer cette entité bourrue et poilue.
Même si 20 années se sont écoulées, «Beauty and the Beast» n’a rien perdu de son pouvoir d’évocation. L’animation est toujours aussi superbe à regarder et les chansons à écouter (et il est tout à fait possible de sortir pendant le générique de fin où Céline Dion se fait aller les cordes vocales). Les effets en trois dimensions sont subtils mais sentis, venant brillamment souligner la romance lors de la première séance de danse tout en donnant du piquant à l’affrontement final, sous les neiges éternelles.
L’histoire simple multiplie les thèmes importants (la beauté est intérieure, bien sûr, mais surtout le fait que l’Homme peut changer au contact d’un milieu différent) sans trop faire la morale. Le portrait de cette femme émancipée est étonnamment moderne, et il cadre parfaitement au renouveau que Disney cherchait à instaurer à cette époque (et qui se poursuit encore de nos jours). Pour une rare fois, un de leurs héros est un méchant antipathique, ce qui permet de montrer toute la complexité de l’âme humaine, et surtout que le (jeune) spectateur peut s’identifier à quelqu’un qui n’est pas sans tache.
Proposant un parfait mélange de rires, de drames, de romantisme, de poésie et de scènes qui glacent le sang (le combat avec les loups est le meilleur exemple), «Beauty and the Beast» a installé un style qui allait perdurer pendant quelques années (chez «The Lion King», par exemple) mais qui ne se retrouve pratiquement plus dans une animation comme «Cars 2» qui laisse toute la place aux exploits techniques. Ici, les images et les mélodies sont au service de l’histoire et des personnages, et ce sont eux qui font de ce film une réussite incontestable. Ce n’est peut-être pas un chef-d’Å“uvre comme peut l’être le premier «Bambi», mais certainement une des meilleures créations des studios Disney des dernières décennies. Les enfants se doivent de connaître cette version animée, alors que les parents seront heureux de contenter leurs progénitures d’un produit de grande qualité. Et cela pourrait même leur donner le goût de découvrir la version en noir et blanc de Cocteau, inestimable dans l’histoire du septième art.
"
Ce concours n'existe pas ou est terminé.