- Outils
- Commentez (0)
- Envoyer à un ami
- Imprimer
On connaît Béatrice Bonifassi pour sa participation à la trame sonore du film «Les triplettes de Belleville» et son travail avec DJ Champion. Jean-Phi Goncalves est un membre du groupe Plaster, un réalisateur ainsi qu'un proche collaborateur d'Ariane Moffatt. Ensemble, ils ont formé une bête musicale à deux têtes qu'ils ont appelée Beast. Showbizz.net les a rencontrés.
Jean-Philippe Goncalves, Jean-Phi pour les intimes, est né en France, à Angoulême, à la fin des années 70. Établi au Québec, il a travaillé pour des artistes comme Moffatt, bien sûr, mais aussi Pierre Lapointe, Jean-Pierre Ferland, Daniel Bélanger et Lauryn Hill. Drôle de coïncidence, Béatrice «Betty» Bonifassi a aussi vu le jour en France, à Nice et s'est établie à Montréal dans la deuxième moitié des années 90.
Le duo, qui ne forme pas un couple dans la vraie vie, tient-il à préciser, a cependant commencé à bosser ensemble en terre canadienne.
Le 18 novembre, Beast mettait en marché un premier album éponyme.
Rencontre marquante
«On s'est rencontrés en studio, dans une séance de travail, comme ça arrive assez couramment dans notre milieu. Je suis allée faire (des voix) pour des besoins de tracks pour Jean-Philippe. Il a émergé de ça une chanson très rapidement, qui est la première chanson de l'album (« Devil ») justement. On l'a mise en premier pour la remercier. Et voilà , est sortie très rapidement cette chanson qui, pour nous, est assez convaincante», raconte Béatrice.
«Ça s'est vite fait, bien fait. Pour le temps qu'on y a mis, ce fut vraiment surprenant de voir la direction que ça prenait (…). C'était un petit projet personnel. Je me m'attendais pas à ce que ça devienne une toune! Je voulais juste (des voix). Elle est arrivée. Elle a shooté ça et ça a comme pris une grosse coche. Je lui ai proposé de faire un album et elle a voulu», raconte Jean-Phi au sujet de sa rencontre avec la chanteuse.
Le musicien est celui qui a trouvé le nom de Beast pour ce groupe. «Comme on avait l'abeille comme image, je trouvais ça intéressant de voir l'abeille comme une bête», raconte Béatrice.
Sur son album, Beast propose non seulement une chanson appelée «Devil» mais une autre qui s'intitule «Satan». Ceux qui croient qu'il existe un lien entre leur nom et la Bête qui est l'incarnation du Mal se trompent. «Il faut lire les textes (des morceaux), dit la moitié féminine du duo. « Devil », c'est la folie génétique, la folie de l'hyper modernisation de nos sociétés, avec des technologies qui nous amènent dans un confort qui est probablement la pire des choses qui puisse nous arriver, à mon avis. J'ai voulu en faire une chanson. « Satan », c'est un vieux work song que j'ai pris car j'aimais le groove. J'aimais aussi la dynamique et le propos. Satan, ce n'est pas fondamentalement quelque chose qui est à l'extérieur de toi. On a tous nos petits Satans en dedans.» La chanson traite donc de nos démons intérieurs.
«C'est sûr qu'il y a de la provocation à mettre des termes religieux au travers de ça. Je trouve ça bien intéressant dans la mesure où, au Québec, il y a vraiment eu un non, à un certain moment, à tout cet univers religieux (pour ensuite aller chercher quelque chose de plus moderne chez les jeunes)», ajoute-t-elle.
Betty écrit les textes. Jean-Phi compose la musique de Beast.
Pour le moment, les deux artistes concentrent leurs énergies sur Beast: «un projet qui a besoin de notre attention en ce moment», dit Jean-Phi. Il a d'ailleurs refusé de partir en tournée avec Ariane Moffatt pour se consacrer à cette aventure. Il dit être un peu triste mais n'éprouve pas de regrets.
«Pour nous, c'est un luxe qui nous coûte cher, au sens le plus figuré du terme. Mais c'est le plus beau luxe qu'on puisse s'offrir», renchérit Béatrice, qui ne collabore plus avec Champion. Elle n'écarte cependant pas la possibilité d'éventuellement faire un featuring avec lui et de prêter sa voix à un morceau du DJ.
Influences
Jean-Phi se dit influencé par «la musique, quelle qu'elle soit, à partir du moment où elle est bien faite et qu'elle vient me toucher. Ça peut être de la musique classique, de la musique heavy… Ça peut être tout et n'importe quoi en autant que c'est fait avec une certaine authenticité. Le but de toute musique, c'est d'aller chercher des émotions. Dans la musique qu'on a faite, (j'ai voulu) créer des réactions, que ce soit des coups de poing dans la face ou des caresses. C'est un peu pour ça qu'il y a beaucoup de contrastes dans l'album, beaucoup d'influences et d'univers mélangés.»
«On ne manque pas de couleurs, ajoute Béatrice, qui se dit également influencée par plusieurs courants musicaux. En tout cas, en potentiel! Est-ce que maintenant on arrive à les appliquer comme on les ressent Ça, c'est une autre chose. Ce sont les gens qui vont nous le dire.»
Sur l'album de Beast, on peut déceler des influences rock, électro, dance, soul, hip-hop, des sonorités 60's et même une petite touche qui évoque les trames sonores des films de James Bond à l'occasion… D'autant plus que la voix de Béatrice Bonifassi rappelle parfois celle de Shirley Bassey.
«James Bond, oui. Tim Burton… Les musiques d'Ennio Morricone aussi… Beaucoup d'images», dit Jean-Phi.
«Tim Burton, c'est plus dans le visuel. On ne fait pas du Danny Elfman (un compositeur chouchou du cinéaste). Par contre, Morricone… Oui, il y a quelque chose. L'instrument premier, le personnage, c'est beaucoup la guitare chez Morricone. James Bond, c'est aussi être beaucoup influencé par John Barry. C'est le premier qui a vraiment réussi à faire de chansons, des univers cinématographiques en une toune avec les arrangements, les orchestrations et tout un visuel qui se déploie», ajoute Béatrice en précisant que Beast tentait de traduire dans un morceau tout l'univers que l'on retrouve dans une musique de film.
Percée à l'international
«On a signé avec Universal Canada pour magasiner des licences à l'international. C'est pas mal avancé. Tous les labels font partie de la famille Universal. Il y a Verve Forecast aux États-Unis, Island Records en Angleterre et AZ Universal en France».
L'album sortirait aux États-Unis en février 2009. La date de sortie en Europe n'a cependant pas encore été déterminée.
Spectacles
Au Québec, une mini tournée est notamment prévue en février prochain.
Entre-temps, Beast présentera se produira le 5 décembre à Vancouver et le 19 décembre, à Toronto. Le 11 décembre, on verra le duo au Live Lounge d'Ottawa. Le 13 décembre, il présentera un spectacle dans le cadre des 24 heures de Tremblant à La Forge.


Showbizz.net