18 janvier 2010 - 7:34 Entrevues Cinéma

Brendan Fraser, père modèle

par agencenews


Par Martin Gignac.

Le sujet n’a rien de réjouissant. Deux des trois enfants de John Crowley (Brendan Fraser) souffrent de la maladie de Pompe et ils risquent de mourir avant l’âge de dix ans. Pendant que maman (Keri Russell) reste à la maison pour s’en occuper, papa décide de tout lâcher pour trouver un remède contre ce fléau génétique. Bien que les recherches du médecin Stonehill (Harrison Ford) soient intéressantes, il a besoin de l’apport – et l’argent – de compagnies pharmaceutiques afin de peut-être trouver une cure. Peu importe que les deux hommes ne s’entendent pas toujours bien : ils devront mettre leurs divergences de côté afin de s’unir pour un cause qui les dépasse tous.

En voilà une thématique douloureuse. Cela n’empêche pas Brendan Fraser de garder le sourire et d’utiliser son arme de prédilection – l’humour – pour désamorcer les drames et faire apparaître quelques sourires au passage. Lors de sa venue à Montréal, les membres des médias s’affairaient autours de lui, notant méticuleusement les quelques bribes de ses réponses. Un traitement royal pour un acteur réputé pour l’action (la trilogie «The Mummy», «Journey to the Center of the Earth», «Inkheart») et la comédie («Airheads», «Blast From the Past», «Monkey Bone»), mais qui a également tenu des rôles intéressants dans des sujets plus sensibles qui sortaient de l’ordinaire («Gods and Monsters», «The Quiet American», «Crash»).

L’acteur a pu trouver l’essence de cet être héroïque en se fondant sur sa propre expérience, étant lui-même père de trois enfants. «N’importe qui a des enfants peut s’identifier à ce personnage, relate-t-il, rencontré dans un élégant hôtel de Montréal. On veut ce qu’il y a de mieux pour eux. Le père et la mère feront n’importe quoi pour leurs progénitures et c’est l’histoire d’une famille qui va réussir face à l’adversité.»

Le sceau «inspiré de faits véridiques» apporté au long métrage amène une part d’émotions encore plus grande au récit. «Je pense que tous les films sont basés sur des événements véridiques et qu’il n’y a pas d’histoires nouvelles!, lance en riant le protagoniste. Le personnage d’Harrison est une combinaison de différents individus. C’est un film, on raconte une histoire difficile mais d’une manière divertissante, avec de l’espoir. Pour ceux et celles intéressés par la véracité des faits, oui, John Crowley existe pour de vrai. On ne sait pas grand-chose de lui, outre qu’il est un beau gars. Moi je le personnifie avec ma coupe de cheveux hideuse! Je me déteste!!! »

La bonne humeur de l’entrevue laisse place à des moments plus sérieux, surtout lorsque le comédien est questionné sur son personnage, qui décide de voyager au lieu d’être avec ses enfants. «Il aurait pu être à la recherche de vent et ne rien trouver. C’est un être brillant, intelligent et on comprend ses motivations. Il a eu le courage de faire des choix. Un de ceux-là est de jouer avec la vie de ses enfants pour essayer de trouver un remède. Le film montre ce qui arrive, ce qui se passe au sein de ces grosses compagnies pharmaceutiques. Les politiques et les statistiques cliniques sur la vie et la mort, ce qui est profitable pour la médecine…»

Jamais sans mon Harrison

Pour plusieurs personnes, Brendan Fraser incarnait une sorte d’Indiana Jones dans «The Mummy». Voilà qu’il apparaît maintenant à l’écran en compagnie de l’archéologue le plus célèbre du dernier siècle. «J’ai entendu dire qu’Harrison Ford était un bon acteur!, blague l’Américain. Voyons, c’est quelqu’un de fantastique! Il est très généreux, méticuleux dans ses recherches. Il vulgarise tout le langage scientifique en demeurant clairÂ… Il me donnait même un surnom : Le grand géant amical! »

Ce serait même l’ancien Han Solo qui aurait trouvé l’amorce figurant sur l’affiche : «N’espère pas un miracle. Fais-en un.» Une phrase qu’il faut, selon les dires de Fraser, réciter d’une voix grave et sinueuse, à l’effigie du héros de «Blader Runner» : Don’t Hope For a Miracle. Make one.

Les admirateurs d’«Encino Man» et de «George of the Jungle» seront toutefois déçus d’apprendre qu’aucune suite n’est en chantier. Et qu’il n’y en aura probablement jamais. «Je sens que j’ai fais le tour, explique le principal intéressé. J’ai des films encore plus fous à faire. Attendez au mois d’avril. Il y aura plein d’animaux qui me joueront des tours. Cela s’appelle « Furry Vengeance » et il y aura Ken Jeong, le gars qui se met nu dans « The Hangover »! Lui aussi il me fera plein de choses!» Le résultat, à n’en point douter, sera très différent d’«Extraordinary Measures».

«Extraordinary Measures» prend l’affiche le 22 janvier 2010.



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