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En deux heures de spectacle, Guy Nantel dit aborder plus de problématiques que les politiciens en un mandat de quatre ans. L’humoriste nous propose un «one-man show» baptisé «La réforme Nantel» et s’attarde à plusieurs enjeux de société. Showbizz.net a rencontré le comique.
«La réforme Nantel» est le troisième spectacle solo de l’humoriste. Quelles réformes propose-t-il au public
«Je me suis attardé à tous les problèmes qu’il peut y avoir dans la société. La population dit « Il faut changer ci. Il faut améliorer ça ». Je suis parti de cette idée-là . Je me suis posé la question: qu’est-ce que le monde veut changer Le système politique, le système carcéral, le système judiciaire, les peines de prison et tout çaÂ… L’économie, l’environnement, la religion, les écoles, les hôpitaux. J’ai isolé la condition féminine. J’ai isolé un paquet d’affaires qu’il faut régler une fois pour toute, mes dis-je. Je me suis donné le mandat de rendre ça comique et de changer plus d’affaires en deux heures que les politiciens ne le font lors d’un mandat de quatre ans», répond Guy Nantel en entrevue dans un resto du Vieux-Québec.
S’il était politicien, s’attaquerait-il aux mêmes questions qu’il soulève dans son spectacle ou établirait-il des priorités «J’ai la chance de ne pas avoir de limites budgétaires. Je peux tout mener de front en même temps. Je n’ai pas besoin d’avoir de priorités. Mon seul barème d’évaluation, c’est l’intérêt que les gens ont pour un sujet ou un autre. Je n’aurais pas traité d’un sujet si ça ne fait pas rire les gens ou que ça ne les intéresse pas. J’ai cependant l’impression d’avoir touché les points névralgiques et sensibles de la population québécoise. La preuve en est: les billets se vendent assez bien et la réaction est assez forte», réplique le comique.
Sans tabous
On dit que Guy Nantel est sans tabous. Sur scène, éviterait-il tout de même d’aborder certains sujets «Ben ouiÂ… Si c’est les sujets ne sont pas drôles et qu’il n’y a pas moyen de rendre ça drôle. Ce n’est pas une question de morale (Â…). Je ne m’entêterais pas à essayer de faire des jokes sur quelque chose s’il n’y pas moyen de ça rendre drôle», dit-il.
Il avoue qu’il arrive qu’on ne rie tout simplement pas d’une blague. Non pas parce qu’elle n’est pas drôle mais parce nous ne sommes pas prêts à rire du sujet ou que les circonstances ne sont tout simplement pas propices à la rigolade.
Retour aux sources
Guy Nantel a déjà participé à «La Course destination monde», une émission qui était diffusée à Radio-Canada dans les années 90.
Cette expérience a-t-elle contribué à son désir de faire de l’humour à caractère social «Non, c’est dans ma nature. Je n’ai pas fait les choses sur commande et de façon consciente. Je fais de l’humour à partir de ce qui m’intéresse et c’est ça: le social, le politique. Dans la vraie vie, et même si je n’étais pas humoriste, je m’intéresse particulièrement à ça. Je n’ai pas (choisi ce domaine) parce que c’était un créneau sur lequel personne ne faisait de blague. C’est ce que j’aime faire», répond le comique en reconnaissant tout de même qu’il y a peu de compétition dans son domaine d’humour.
Guy Nantel a remporté cette compétition de réalisation de documentaires tournés à travers le monde. Il fera ensuite deux films. Il s’est toutefois aperçu que l’humour était sa véritable vocation.
Pour puiser son matériel, il dit lire les journaux «comme tout le monde». Il passe cependant beaucoup de temps à réfléchir face aux informations reçues et à remettre les choses en question.
«J’ai l’impression de ne jamais vraiment travailler mais de ne jamais être en congé», lance-t-il! Ses constantes réflexions peuvent être un peu «fatigantes» pour ses proches, avoue-t-il, sauf qu’il pense présentement pratiquer le «plus beau métier du monde».
Critiques
Denise Filiatrault assume la direction artistique de «La réforme Nantel». Yves Aucoin (Céline Dion, Cirque du Soleil) a vu aux éclairages.
Avec de tels collaborateurs, les attentes face au spectacle étaient grandes. Certains médias ont toutefois critiqué sa mise en scène trop simple.
Guy Nantel ne compte toutefois modifier son spectacle en réaction à ces commentaires négatifs. «C’est volontaire. C’est intentionnel. La sobriété, pour moi, a toute sa place dans un show comme ça. Ce n’est pas un show de performance scénique. C’est un spectacle qui repose sur des idées, sur des textes. Il ne faut pas chercher à mettre de pétards et des feux d’artifices sans que ceux-ci aient d’utilité», réplique-t-il.
Mme Filiatrault a respecté «qui j’étais et ce que je voulais offrir au monde», précise-t-il. Certains s’attendaient à ce qu’elle apporte une touche plus «variétés» au spectacle. Ce n’était pas l’intention. L’humoriste voulait rester fidèle à lui-même. Aux yeux de ce dernier, ce «one-man show» est une vraie réussite.
Spectacles et projets
Guy Nantel ne chômera certainement pas d’ici la fin de l’année, voire même en 2011. De nombreux spectacles sont au programme dans plusieurs villes du Québec.
Les 23 et 24 mars, on le verra notamment à Québec à la Salle Albert-Rousseau. Il sera de retour dans cet amphithéâtre les 15 et 16 septembre.
Les 2 et 3 avril, on le verra aussi à Sherbrooke.
Du 18 au 22 mai, il se produira à Montréal au Théâtre St-Denis 2.
À l’été, il animera un gala au Festival Juste pour rire. Il devrait alors nous présenter du matériel inédit.
Il bosse également sur plusieurs projets pour la télé. Rien n’est encore concret pour le moment. L’humoriste tient donc à se faire discret sur le sujet.
Pour connaître la liste complète des spectacles de Guy Nantel


Showbizz.net