16 juillet 2010 - 8:07 Entrevues Musique

Les Vulgaires Machins contre-attaquent

par Showbizz.net


Le groupe Vulgaires Machins, qui a lancé un nouvel album en mars, a le vent dans les voiles. Après des prestations aux FrancoFolies de Montréal et à la Fête Nationale, à Québec, il s’apprête à se produire au Festival d’été. Showbizz.net s’est entretenu avec le chanteur et guitariste Guillaume Beauregard.

Marie-Ève Roy (chant, guitare, piano), Maxime Beauregard (basse) et Patrick Landry (batterie) font aussi partie du groupe.

En mars 2010, les Machins ont lancé «Requiem pour les sourds» sur étiquette Indica, son cinquième album studio pour ce label. Gus Van Go et Werner F, qui avaient coréalisé «Compter les corps» en 2006, ont également produit cet opus. Rappelons que le CD/DVD en concert «Presque sold-out» a vu le jour en novembre 2008.

«Requiem pour les sourds» possède toujours ce côté revendicateur et engagé associé au groupe. On y dénonce notamment la malbouffe dans «Texture qui se mange», le milieu artistique dans «Parasites» et «Une chanson acoustique» ou bien les travers de la société («Mourir pour le système», «Le mythe de la démocratie»).

De manière générale, le message de Vulgaires Machins pourrait se résumer à «Ne gobez pas n’importe quoi», que ce soit sur le plan politique, social, artistique, de la consommation ou de la nourriture.

«On doit penser pour nous et apprendre à être libre (de nos idées)», commente Guillaume en entrevue téléphonique.

Notre interlocuteur est le principal parolier des Machins. Lorsqu’on lui demande si le groupe n’a pas peur de se répéter, il répond par l’affirmative. Toutefois, lorsque vient de le temps de composer, il «cherche à être le plus honnête possible». Peu importe le sujet traité, c’est la sincérité qui compte à ses yeux. Pour cet opus, il dit d’ailleurs s’être laissé aller à une écriture plus instinctive.

D’autant plus que le band se trouve à une tournant, croit-il. Connu pour ses chansons militantes, il compte éventuellement s’engager sur un chemin différent, raconte le guitariste et chanteur. La route à prendre et la destination finale restent cependant toujours inconnues, lorsqu’on lui demande d’en dire plus au sujet de cette nouvelle orientation. Les Machins en sauront davantage une fois le voyage entamé. Pour le moment, la formation a envie de donner des concerts et de présenter «Requiem pour les sourds» au public. Il n’a pas encore la tête à composer.

Sur la pièce «Parasites», Vulgaires Machins jettent un regard critique sur l’industrie culturelle. Celle-ci «sert à fabriquer des vedettes et à vendre des albums», déplore Guillaume.

Lucide, il reconnaît que de vouloir mener une démarche artistique sincère et de «mettre du pain sur la table» est un défi constant. «C’est un beau challenge», dit-il.

Dans la conjoncture actuelle, les jeunes artistes doivent se demander quels sont leurs buts véritables et les raisons qui les poussent à faire carrière en musique, explique-t-il. On doit avant tout faire ce métier par passion, par amour, pour écrire des chansons et faire des shows.

La conquête des Plaine

Depuis quelques mois, Vulgaires Machins a eu l’occasion de se produire sur des scènes prestigieuses. Il a notamment joué à Vancouver et aux dernières FrancoFolies de Montréal. On l’a aussi vu à Woodstock en Beauce.

Pour Guillaume, la prestation du groupe à Québec, sur les Plaines, lors des dernières fêtes de la St-Jean a également été fort marquante.

«C’était particulier», dit-il en précisant que les membres des Machins n’avaient jamais souligné la Fête nationale dans la Capitale, que soit sur scène ou en tant que spectateurs. «C’est là qu’on se rend compte que nous sommes vraiment un peuple», dit-il en faisant référence à ces «200 000 personnes» qui soulignaient leur fierté d’être Québécois.

Le samedi 17 juillet, Vulgaires Machins sera de retour sur les Plaines lors du Festival d’été. Il se produira tout juste avant Social Distorsion et Billy Talent.

Les shows et la France

Plusieurs autres spectacles au Québec sont aussi inscrits à l’agenda du groupe d’ici la fin de l’année.

La formation y présentera entre autres les pièces de son nouvel album. «On a envie de faire découvrir nos nouvelles chansons», dit Guillaume. Ils interpréteront également quelques classiques.

Lorsqu’on demande au musicien s’il y a des morceaux que le groupe se doit impérativement interpréter au risque de déplaire à ses fans, il qualifie d’abord ceux-ci «d’obligatoires».

Le groupe compte près de 200 pièces dans son répertoire, précise-t-il. La chanson préférée d’un fan ne sera pas celle de l’autre. Guillaume avoue que l’on ne peut pas faire l’unanimité auprès de tous les spectateurs. Par conséquent, sur scène, les membres choisissent d’abord les morceaux qui leur plaisent.

Au début de 2011, Vulgaires Machins sera de retour en France. «Nous n’y sommes pas retournés depuis fort longtemps», dit l’artiste en précisant que son groupe y avait mis les pieds pour la dernière fois après la sortie de «Compter les corps». «Mine de rien, ça se passe super bien pour nous, là-bas», dit-il.

En carrière, la formation a effectué une dizaine de séjours. Internet a-t-il contribué à mousser sa popularité dans l’Hexagone Le bouche-à-oreille, les nombreux concerts et les occasions de s’y produire à l’invitation de groupes français («la vraie vie», quoi!) sont d’abord en cause, répond Guillaume en précisant que le groupe avait vu le jour avant l’explosion du phénomène Internet. Il a d’ailleurs commencé à se pointer de l’autre côté de l’Atlantique avant que le Web ne devienne l’outil indispensable que l’on connaît.

Un peu plus tard, le groupe a sûrement dû jouir d’un petit coup de pouce sur la Toile sauf que ce sont les contacts directs qui lui ont permis de se bâtir un public. «Nous sommes allés chercher nos fans un par un», affirme-t-il.

Greenpeace

Vulgaires Machins a tout récemment fait l’annonce d’un partenariat avec Greenpeace. Il est porte-parole du livre «Vivre vert: trucs et astuces», publié par l’organisme. Ce bouquin nous renseigne sur les manières d’adopter un style de vie plus écologique. Les profits liés à sa vente seront destinés à des campagnes de protection de l’environnement au Québec et au Canada.

«C’est l’un des partenariats les plus expéditifs que nous ayons conclus. On nous a approchés il y a deux semaines. Deux jours après, c’était réglé», explique Guillaume.

Lors des spectacles des Machins, on pourra se procurer se guide à prix réduit. Des bénévoles de Greenpeace seront également présents à certains concerts pour sensibiliser le public.

Le groupe avait déjà accueilli un kiosque des éditions Écosociété et des représentants de médias alternatifs comme L’Aut’ Journal, le Couac ou le Mouton noir, rappelle Guillaume.

Pour en savoir plus sur Vulgaires Machins et ses spectacles: www.vulgairesmachins.org



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