4 septembre 2009 - 14:15 Entrevues Musique

Luc De Larochellière: un nouveau disque plus personnel

par Showbizz.net


Le nouvel album de Luc De Larochellière intitulé «Un toi dans ma tête» est en magasin depuis le 25 août. Ce huitième disque en carrière est le premier album de matériel inédit de l'artiste en cinq ans. Il dit cette fois s'être inspiré de son vécu pour le concocter. Showbizz.net a rencontré le chanteur.

Le dernier opus original de Luc De Larochellière était «Quelque chose d'animal» paru en 2004.

En 2006, l'auteur-compositeur et interprète a toutefois mis sur le marché un album de duos appelés «Voix croisées». Il y reprenait plusieurs de ses grandes chansons en compagnie d'artistes comme Gilles Vigneault, Daniel Boucher et Francis Cabrel, entre autres.

Il se dit déjà heureux de l'accueil réservé à «Un toi dans ma tête», autant de la part des critiques que des fans qui lui ont fait part de leurs réactions par Internet.

La genèse d'un album

Pourquoi avoir attendu cinq ans avant de lancer un album de nouvelles chansons

«J'ai l'impression que ce n'est pas exceptionnel, aujourd'hui, d'avoir autant de temps entre deux albums. Il faut quand même se renouveler, trouver de nouvelles idées, essayer d'arriver avec une proposition différente. Ça n'arrive pas nécessairement du jour au lendemain. Je dirais que mes premiers albums en carrière étaient plus rapprochés, ce qui est normal en général. On s'installe et après, on essaie de rester. Pour rester, il faut avoir une proposition qui soit un peu différente de celle d'avant… (De mon côté), en tout cas, c'est ce que je cherche. J'ai donc pris le temps que ça prenait pour arriver avec un disque qui ne soit pas une reprise du précédent», répond Luc De Larochellière en entrevue dans un resto de Place d'Youville, à Québec.

Par conséquent, combien de temps fut-il nécessaire à la composition de la musique et à l'écriture des textes de cet opus «L'album « Quelque chose d'animal » est sorti en 2004. À la fin du printemps 2007, je me suis remis à écrire. Déjà, en un mois d'écriture, de la mi-mai à la mi-juin, j'avais 19 chansons. Ça a vraiment sorti vite. J'ai fait une autre séance d'écriture en décembre 2007. J'ai alors sorti dix chansons supplémentaires. J'ai eu à choisir parmi une trentaine de chansons pour (le nouvel album). Une fois je me suis mis à écrire, ça a été vite. En plus, j'ai écrit pour d'autres. J'ai fait des tounes pour Isabelle Boulay. J'ai écrit des textes pour Marie-Élaine Thibert et pour d'autres projets qui sont moins connus. J'ai toujours eu d'autres projets en parallèle sauf que pour écrire des chansons pour moi, il fallait que je me régénèresic», répond-il.

L'amour, toujours l'amour

Sur «Un toi dans ma tête», Luc De Larochellière accorde une bonne place à l'amour. En fait, les peines de cœur, l'absence d'amour et les sentiments non partagés y occupent une bonne place. Dans ses textes, on retrouve aussi parfois certaines allusions à caractère social.

«Ça doit être un peu ce qui habite ma tête. Toutes les réflexions que je fais et que j'essaie de traduire en mots à travers les chansons. Parfois, certaines sont très ciblées. C'est une chanson qui parle carrément d'une histoire d'amour. D'autres seront une espèce de melting-pot de plein d'idées», explique-t-il.

«Une chanson comme « Pour ne plus avoir peur » est un genre de constat social mais peut être appliquée à une relation interpersonnelle de la même manière», cite l'artiste en exemple.

«Non-amour, mon amour» traite quant à elle d'un amour non partagé. Cette pièce est née de deux chansons différentes, raconte Luc De Larochellière. La première portait le même titre et traitait d'un amour «qui n'arrivera pas». Dans l'autre pièce, on traitait des goûts communs de deux individus sans que l'attirance ne soit finalement partagée.

«J'ai mélangé les deux textes et ça a donné cette chanson où il est question d'amour non réciproque qui est traité de façon légère. Il y a deux autres chansons (sur ce sujet) sur cet album qui sont traitées de façon plus sentimentale, plus dure même, où la notion de souffrance est présente», précise-t-il.

Pour écrire, Luc De Larochellière s'inspire-t-il de ses propres expériences, du vécu de ses proches ou bien laisse-t-il complètement libre cours à son imagination «Sur ce disque, (l'écriture) est beaucoup autobiographique. Sur les autres avant, c'était souvent un mélange. Avant, je partais des musiques déjà existantes et j'essayais de raconter à partir du ton que la musique amenait. Pour que ça marche, je jouais davantage avec la réalité (…).Je m'inventais un personnage. Cette fois, les mots sont venus avant alors c'est vraiment venu d'un discours intérieur. C'est réellement plus autobiographique», répond l'auteur-compositeur.

Sonorités riches

Avant d'écouter «Un toi dans ma tête», on a pris connaissance du communiqué émis par les Disques Victoire qui en annonçait le lancement. Le document qualifiait ce nouvel opus de Luc De Larochellière «d'acoustique». On s'attendait alors à un produit très dépouillé. Il n'en est rien. Des cordes et des cuivres viennent rehausser cet album aux sonorités riches et bien enrobées.

Il est évident que les fans de rock ou de musique grouillante n'y trouveront pas leur compte sauf que les amateurs de chanson québécoise bien ficelée et de qualité apprécieront ce nouvel opus.

«La base de ce disque est vraiment guitare-voix. Les arrangements de cordes sont venus s'y ajouter. Lorsqu'on parle d'acoustique, c'était surtout pour dire qu'on n'avait pas utilisé d'instruments électroniques pour cet album. Il n'y a pas de sampler, des loops ni de drums électroniques. Ce ne sont que des instruments acoustiques. Il y a cependant quelques instruments électriques comme du Wurlitzer, des orgues et de la guitare (sur une chanson). Pour le reste, on est vraiment restés dans les sonorités (acoustiques). Les claviers, ce sont surtout des pianos», précise l'artiste.

«C'est vrai qu'on y trouve des arrangements très riches, très élaborés… Très orchestral avec les cordes», ajoute-t-il cependant.

François Lafontaine de Karkwa joue notamment du piano sur la majorité des chansons d'«Un toi dans ma tête». Anthony Rozankovic, qui a vu aux arrangements des cordes, joue cependant de cet instrument sur «Beauté perdue», la première pièce du disque et le premier extrait.

Pour «Un toi dans ma tête», Luc De Larochellière a retrouvé son vieux complice Marc Pérusse. Depuis la sortie d'«Amère America» en 1988, le réalisateur a bossé sur tous les disques de l'artiste.

«C'est une relation de confiance, une relation d'amitié. Étrangement, avec ce disque, je voulais faire changement des autres albums. Le choix de faire cet opus avec Marc pouvait sembler étrange sauf qu'il était le mieux placé pour savoir ce qu'on avait fait avant. C'est lui qui avait aussi fait les autres (disques)», explique le chanteur au sujet de sa collaboration avec Pérusse.

L'évolution de l'industrie musicale

Luc De Larochellière a débuté sa carrière professionnelle en 1986. Il a ensuite lancé son premier effort deux ans plus tard. En 23 ans, comment l'industrie musicale a-t-elle évolué, à son avis

«Au niveau de la musique, là où je sens que ça a eu le plus d'impact pour nous, c'est l'importance d'Internet avec l'accessibilité à la musique, à la diffusion, mais surtout la possibilité d'aller chercher la musique de façon gratuite. Cela a donné un choc. Le fait de pouvoir enregistrer numériquement avec qualité et de pouvoir copier, c'est un facteur. L'autre aspect, c'est le désengagement de la télé généraliste à l'égard de la musique qui s'est accentué au fil des ans. Fin des années 90, il n'y avait presque plus de chanson originale à la télé. Ces deux éléments ont amené des bouleversements dans l'industrie de la musique», dénonce-t-il.

En plus de voir leurs ventes de disques notamment affectées par le piratage dans Internet, les artistes jouissent de moins de publicité gratuite au petit écran. Luc De Larochellière reconnaît qu'une petite percée s'était faite sur les ondes de la télé de Radio-Canada l'année dernière mais «déjà, on en reperd un peu», croit-il.

«Le monde du clip n'a également plus l'importance qu'il avait initialement», ajoute-t-il.

Il faut maintenant trouver une nouvelle façon de faire pour que les artistes soient payés pour leur travail. Ceux-ci font actuellement du bénévolat, affirme-t-il.

Même le monde du spectacle est en mutation: les artistes doivent faire plus de concerts pour gagner leur vie mais doivent toutefois couper sur les moyens techniques. Ils font également de plus petites salles et se trouvent par conséquent dans l'obligation de vendre leurs billets moins chers, poursuit l'artiste.

«Je te dirais, en général, que tout est plus difficile. Le montant qu'on a pour faire un album aujourd'hui n'est pas plus gros qu'il y a 20 ans. C'est le même budget. Le réalisateur est payé le même salaire qu'il y a 20 ans (…). Le coût de la vie a par contre augmenté pour tout le monde», déplore Luc.

Les nouveaux outils techniques ont facilité la production d'albums sauf que c'est désormais plus difficile de te faire connaître et de vendre des disques, croit-il.

On a grandement besoin de «fenêtres de diffusion», croit celui qui affirme que la télévision généraliste a toujours un énorme impact au Québec, voire même davantage que la Toile.

À venir

Quelques spectacles sont déjà inscrits à l'agenda de Luc De Larochellière. On peut en prendre connaissance sur le site Internet de l'artiste.

Luc De Larochellière compte faire sa rentrée montréalaise avant les Fêtes.



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